La première chose qui frappe avant d’ouvrir ce petit livre, c’est que la couverture est magnifique. Tout se fond dans le noir, ce qui rend mystérieux le recueil de nouvelle fantastique de Thomas Ligotti. L’objet-livre est compact, intriguant et singulier format. Néanmoins la lecture n’est pas simple: la reliure, en dos collé, est dure.

La première nouvelle « Petits Jeux » m’a un peu déçu. Je m’explique, en commençant la nouvelle, j’ai été vraiment séduit par les dialogues et l’attente de la chute n’a fait qu’accroitre. Malheureusement, j’ai trouvé la fin assez convenue, je m’attendais à quelque chose de plus original et malsain. La fin que l’auteur nous offre ne m’a pas effrayé.
La deuxième nouvelle, « Rêve d’un mannequin », m’a fait penser à David Lynch. En adorateur de Twin Peaks, je voyais à la lecture une Laura Palmer au milieu de la Black Lodge. Je suis certain que Ligotti a puisé dans cet imaginaire pour cette nouvelle. Encore une fois, nous avons là un dialogue de deux psy. Plus précisément, on a une lettre d’un psy à chère et tendre psy. À un moment, on flirt avec le narnar d’horreur bas de gamme. Pour trouver quelque chose de bien fait dans cette nouvelle, ce serait cette relation masochisto-onirique qui se tisse peu à peu au fil de la lettre. La fin, elle aussi, est proche des clichés du genre. L’auteur s’engouffre très vite dans un style « noir et poétique » qui, en fait, ne veux pas dire grand chose et n’est pas très effrayant.
Dans la troisième nouvelle « Le Chymiste », ce qui frappe en premier, c’est le titre, avec ce fameux « y ». J’y vois une référence au titre de la nouvelle du Dr. Polidori « Le Vampyre ». En plus, dès les premières pages de la nouvelle, le personnage principal dit explicitement qu’il n’est pas un vampire. Sur le dispositif narratif, je remarque déjà une forme de récurrence par rapport aux deux précédentes nouvelles et je me demande si ça va être une thématique du recueil. On est encore dans un dialogue, un discours rapporté dans lequel nous n’avons accès à la parole d’un des deux locuteurs.
Et… c’est tout. J’arrête là ma lecture, comprenant que les nouvelles de ce recueil ne me correspondent pas. L’ensemble m’a trop déçu.