À plein temps, d’Eric Gravel

J’ai regardé ce film avec ma douce, à la fin d’une très bonne journée. Le visionnage a rendu le tout noir, stressant et angoissant. En plus, nos voisins ce sont mis à faire la fête pile au même moment, c’était le cocktail parfait pour qu’on déteste ce monde inhumain où on ne peut se poser au calme dans son canapé. A plein temps est un film tout bonnement incroyable, il m’a impressionné pour plusieurs raison.

Note : 5 sur 5.

D’abord le film nous a saisi dans sa tension permanente. On était pas bien, le coeur battant, presque en train de se battre contre le temps avec le personnage de Laure Calamy. Parce que le titre du film cache bien ce jeu de mot. Pour elle, chaque minute de ses journées est comptée. Rien ne peut en sortit, rien ne peut y rentré. Elle est prise au piège dans ce monde capitaliste où le temps, c’est de l’argent. Elle a si peu de latitude qu’elle ne peut pas faire grève comme dans les transport, avec qui elle partage la lutte. Le capitalisme monte les citoyens les uns contre les autres. Ce film est éminemment politique.

De plus, on a envie qu’elle ne retourne jamais à Paris, qu’elle reste dans son village. Même la fin est en demi-teinte, le personnage apprend une bonne nouvelle pour elle, mais pour le spectateur, ça annonce une suite pire que ce qu’on a vu. Le personnage de Laure Calamy est, lui aussi, un personnage plein. Il vit dans toutes ses contradictions, ses profondeurs et ses problèmes. On y croit, et c’est un euphémisme de dire que Laure Calamy est une immense comédienne.

Enfin, le film, dans sa matière, est magnifique. Le montage sert les enjeux du personnage, crée des transitions signifiantes et rythme parfaitement le récit pour nous tenir en haleine. L’image a cette sorte de granularité très belle, on en prend plein les yeux. Et puis, la musique! C’est ces synthé modulaires qui ont fait que nos coeur ce sont emballés! Wow!

Je garderai un très très bon souvenir de ce film. Pour finir, j’ai remarqué un petit quelque chose rigolo sur le site d’allociné: quand on va voir les critiques presses, toutes sont à 5 ou 4 étoiles sauf une seule, celle du Figaro, média de gros droitoss.