Poulet Frites, de Jean Libon et Yves Hinant

Note : 4 sur 5.

Poulet Frites est un remontage en noir et blanc de trois épisodes de Strip Tease, cette série documentaire émérite et incroyable. On l’avait loupé en salle et on a rattrapé le coup en VOD. On voulait le voir car on avait été impressionné par Ni juge ni soumise qui mettait en scène le quotidien de cette juge belge que l’on retrouve dans Poulet Frites aux côtés du commissaire Lemoine. Changement d’ambiance ici toutefois puisqu’on se concentre sur une affaire insoluble d’homicide.

On retrouve le génie de Strip Tease, sans surprise. Ce sont les génies du point de vue, de l’immersion naturaliste, soucieux de montrer la complexité des gens et de montrer comment la réalité est nouée autour de la vérité. Le plus intéressant, c’est de voir le déroulement d’une enquête sur un rythme lent, où l’on voit bien les étapes successives du travail des investigateurs, les embûches et les heureuses avancées. Une enquête d’ailleurs qui se révèle surprenante et nous emmène vers les bas fonds de l’immigration bruxelloise, où la drogue et les frites rendent fous.

Personnellement, ça m’a fait pensé à La Nuit du 12 dans cette dimension de l’enquête ubuesque, aux couches multiples et insolubles, récemment consacré aux Oscars d’ailleurs, dont j’ai parlé ici.