Videodrome, de David Cronenberg

Note : 4 sur 5.

J’ai eu le plaisir de découvrir cette perle du cinéma d’horreur des années 80′ sur grand écran à la Cinémathèque. Je ne connaissais rien du film, si ce n’est quelques images, et je pensais vraiment que l’intrigue se résumait à des télé qui mangent les gens, que nenni ! En fait, je m’attendais un peu à un vieux film un peu cracra sans plus, et en réalité, c’est un chef d’œuvre !

Pour les âmes sensibles comme moi : vous pouvez voir Videodrome. Le gore est supportable, à part deux trois trucs malsains. En plus, c’est au service de l’histoire.

J’ai aimé ce rapport à la matière, au touché. Dès que le personnage principal rentre quelque part, il touche des trucs. On joue avec le décors, les objets, la peau. Pour moi, ça a un grand rapport avec l’immersion du spectateur et du coup, c’est en cohérence complète avec le propos du film : la télévision « programme » ceux qui la regarde.

Un tourbillon de désir, de fantasme, sur lequel on pourrait disserter pendant des heures. La place des images « réelles » dans nos vies. Le besoin de choc, de gore, de sexe. Les puissances conservatrices qui veulent empêcher les gens de voir ces choses tout en les manipulant, les poussant à tuer. Le « secours cathodique », quelle idée de génie, les mendiants de la télé… A la sortie de la salle, je partage à Micka avec qui je suis allé voir le film qu’il y aurait un Videodrome 2 à faire: reprendre le même concept, sauf que l’émission-tumeur se trouve sur Tik Tok, et on remplace les télé par les téléphones portables. (Ça me fait penser à Feldup qui alertait sur la présence non-modérée de snuff sur les réseaux sociaux)

Il y a un effet visuel raté, et ce serait mon seul reproche : la scène de la dernière cassette, où le « pirate » se fait manger l’avant-bras dans le ventre de Max Renn. (J’adore la phrase que je viens d’écrire) On sent que dans cette scène, le gore est pas au niveau de ce qu’on a vu avant, ça dénote un peu.

Voila, maintenant j’ai envie de voir tous les Cronenberg, de ne plus me priver !