
Recueil de nouvelles sordides et glauques, Les Dangers de fumer au lit m’a séduit du début à la fin. Un livre à dévorer, même si la date de péremption est passée.
On enferme toujours les folles dans les livres, elles pourraient s’échapper.
Je voulais parler de l’objet-livre en lui-même car il est super agréable à lire, et heureusement, pour le prix. Par contre, le livre est fragile, surtout la matière de la couverture. Sur l’illustration de cette dernière, je trouve que le tableau de Vincent Van Gogh colle assez bien avec le livre. Ce squelette fumeur, sombre décadence d’un mort déprimé, illustre un peu l’état d’esprit qui transpire du recueil et de ses personnages.
Le désespoir se sent, et elle empestait
Il y a certaines récurrences dans les nouvelles de Mariana Enriquez. Dans ce monde, la pourriture est monnaie courante, tout comme les séances de psy annulée qui font tomber les personnages dans la folie. Ces derniers sont paranoïaques, vivent des traumatismes et laissent leur pulsions prendre le contrôle. Il est aussi question de l’expérience de vie des femmes.
Dans ces nouvelles putrides, l’amour n’est jamais sain, toujours toxiques, jamais loin de folies diverses. Aussi, j’ai remarqué qu’il y a toujours de la complicité, des doubles, ce qui rend les dingueries communicatives.
Mes deux nouvelles préférées :
- « Où es-tu mon cœur » : La vie sexuelle d’une meuf lambda « détraquée » par un moment traumatique pendant l’enfance. Quand les battements irréguliers d’un cœur malade font bander.
- Viande : Quand un chanteur de rock a mis dans sa musique les ingrédients d’un fanatisme menant au cannibalisme. La nouvelle s’arrête juste avant que ça devienne surnaturel, nous laissant dans le fantastique qui, dans sa nature mystérieuse, nous effraie tant.