Beau is Afraid, d’Ari Aster

Note : 3 sur 5.

En tant qu’adorateur du réalisateur, je ne pouvais louper ce dernier film. Mes impressions en sortant de la salle étaient vives et disparates, comme quand on sort d’une pièce de Beckett ou de la lecture d’un Breton. Ce film va diviser, c’est sûr.

Je vais essayer de regrouper mes idées sur ce film, très simplement, très humblement. Je dis ça car il est facile de s’éparpiller face à ces œuvres dont le but premier est de susciter l’interprétation des spectateurs, et c’est le cas de Beau is Afraid. Comme tous le monde va y aller de sa petite analyse personnelle (je le sens), je vais faire pareil et délivrer mes quelques suppositions.

Pour décrire ce film, je dirais que c’est un mélange de Quentin Dupieux et David Lynch d’un côté, pour le surréalisme de l’horreur, pour la tonalité comique, pour l’effet d’énigme subconsciente, et de Wes Anderson et Isaac (le jeu-vidéo) de l’autre, pour cette recherche formelle proche de la BD, pour cette recherche en soi, enfantine, pour la parabole biblique chelou.

Parce que oui, tout se mélange. On ne peut se déterminer sur la voie à prendre, on est perdu comme Beau. Le film est complètement imprévisible, multipliant les jeux avec nos attentes et les signes qu’on nous montre. Dans son entièreté, le film donne des indices bibliques et semble faire un parallèle entre le récit d’Isaac (le deuxième prénom de Beau) et l’Odyssée de Beau lui-même. Le film paraît aussi être un voyage subjectif dans l’esprit malade (?) et anxieux de Beau qui s’enfonce peu à peu dans ses traumatismes.

En tout cas c’est vraiment une expérience de pouvoir voir ce genre d’œuvre au cinéma. Je ne peux m’empêcher d’imaginer Ari Aster écrire ce film depuis des lustres avec une sorte de flux de conscience. Cette liberté est magnifique, parce qu’elle seule permet de s’approcher de l’expression si particulière, si étrange, si enfouie des sentiments présents dans Beau is Afraid.