
Ce dont j’avais peur à mesure de mon avancée dans Les Liens du Sang, c’est que l’histoire face du déprimant pour du déprimant. Or il n’en est rien, le récit est toujours aussi fascinant et sait ce renouveler pour explorer toujours plus loin, toujours plus profondément. Ma lecture des tomes 6 à 10 s’est faite sur internet, « à la suite », en enchaînant, car ces tomes sont introuvables en bibliothèque.
La série sait vraiment se renouveler. Elle explore les techniques de manipulation des gens comme la mère. Ces gens reconfigurent le passé, sèment le trouble, la confusion dès qu’ils le peuvent. Surtout, on voit encore plus les effets sur les victimes, ici Sei qui, jusqu’à la soumission, répète les trauma et défend « bec et ongle » celle qui le manipule. C’est terrible de voir la descente aux enfers de Sei qui devient fou, violent à cause de sa mère.


Il y a toujours cette jouissance morbide de décryptage du dessin. Le lecteur est à l’affût de ce regard dissocié, des détails horribles comme l’ongle. Le dessin s’adapte à l’histoire. Il mime la cruauté de la mère, les sentiments de Sei. On sent ainsi le tourbillon de « brainwashing », les gribouillis quand la honte et la colère submerge. Le dessin a un vrai intérêt pour l’histoire et sa lecture.
Le manga développe vraiment toutes les facettes de son histoire et de ses personnages. C’est fascinant et horrifique car c’est cohérent. On a, peu à peu, les réponses à des traumatismes de Sei encore plus ancien et profond, dont les graines sont semées depuis le début et ça, c’est bien écrit.


On a aussi la reconstruction, et c’est très beau. Sei redécouvre la beauté du monde. On montre bien comment aussi les « adultes » ne communiquent pas avec les victimes, ils n’essaient pas de comprendre, au contraire ils imposent encore une fois leur vision du monde et de la famille.