Mad God, de Phil Tippett

Note : 3 sur 5.

Mad God est le chef-d’œuvre de son créateur Phil Tippett, un illustre technicien du cinéma. Trente ans de maturation pour un film d’animation horrifique, où l’on plonge dans les entrailles d’un cauchemar.

J’avais visionné le film il y a plus d’un an, lorsqu’il était apparu de manière tout à fait illégale, sous l’impulsion de mon ami Tacos. Ce premier visionnage avait été difficile, j’avais fait des pauses pour souffler. Outre l’aspect magnifique et jubilatoire du film, je trouvais en quelques mots que le propos n’était pas assez soutenu. Avec une réelle narration, même minime, le film aurait bien plus brillé de mille feux.

À l’occasion de sa sortie officielle en France, j’ai foncé avec les potes voir ce très grand film. Quelle chance, on n’allait pas rater ça. Pendant ce second visionnage, j’ai vraiment redécouvert le film. C’était les conditions idéales et c’est passé bien plus rapidement. On s’est pris en pleine figure ce festival de matière, de son et de lumière.

Parce qu’en fait oui c’est un film de matière, qui tire la noblesse créative du stopmotion et pas que, des effets visuels en tout genre. C’est un chef-d’oeuvre avant tout technique, où le processus de création a sans doute été plus intéressant que le produit final. C’est le film ultime pour comprendre la beauté du stopmotion qui réside dans l’aspect sensible des choses. Le fait de toucher, de sentir la matérialité d’un furoncle. Hum, quel plaisir.

À part ça, le plus intéressant du film sont ses symboliques qui se créent autour de ce monde d’abominations. Ce n’est pas une suite totalement aléatoire de scènes, comme on pourrait le penser. Non, il y a une sorte d’histoire mais qui nous plonge dans nos propres interprétations, et j’en viens à vous donner la mienne.

Pour moi, le titre Mad God désigne Phil Tippet lui-même qui, comme un « Dieu fou », comme le Créateur, va créer de manière totalement débridé, sans limites, en totale liberté. Cet acte de création l’amène à explorer les abysses de son crâne, de ses angoisses et de ses cauchemars. On s’enfonce, on s’enfonce, à l’image d’un explorateur de son propre subconscient.

Voilà pour faire court mes impressions sur ce film. En écrivant, ou pourrait en parler très longtemps, signe d’un grand film. Et pour vous, de quoi parle Mad God ?