La première fois que je suis allé au théâtre Sorano à Toulouse, c’était l’année dernière. J’étais allé voir une mise en scène de Phèdre et j’en étais sorti bouleversé. Un an après, on nous offre des places pour un spectacle inconnu au bataillon, que personne ne semble pouvoir me résumer. D’un côté on me parle d’écologie, de l’autre de poésie. Il n’en est rien, personne ne semble savoir ce que c’est et pour cause : c’est raté.
Commençons par décrire ce qu’on a vu : une pièce aux frontières de la performance d’art contemporain, de la poésie et de l’absurde. On suit pendant 1h20 quatre comédiens, qui jouent extrêmement bien d’ailleurs. Ils vont exécuter des « tableaux poétiques » sans liens apparent entre eux, sans aucune trame narrative.
Ce spectacle est décevant, c’est vraiment le mot. Je suis déçu qu’on ait voulu enlever le sens. Oui, ce qu’on voit et ce qu’on entend peut être interprété, mais lorsque nous interprétons, nous devrions pouvoir faire des liens avec d’autres éléments. Spoil : c’est la recette d’une oeuvre d’art à l’esthétique réussie. Là, c’est raté. De manière objective, c’est un spectacle fait pour contenter le public du théâtre contemporain, fait pour qu’ils décortiquent artificiellement ce qu’ils ont vu. Faisons semblant de trouver ça intéressant. De quoi vous enlever l’envie d’aller au théâtre.
