L’assassin habite au 21, d’Henri-Georges Clouzot

Cela faisait longtemps que j’avais envie de découvrir ce film. Je suis fasciné par Clouzot depuis que j’ai vu le documentaire sur son Enfer avorté. Ce genre de polar à l’ancienne me parle au plus profond de mon cœur.

Après l’avoir presque vu sur diverses plate-forme de streaming, un peu partout, j’ai enfin sauté le pas en l’empruntant à la bibliothèque.

J’ai adoré le film. Quel joie de voir un film court, où on ne s’ennuie pas, qu’on ne voit pas passé. (même si la fin arrive un peu vite je trouve) Ce qui transperce l’écran, c’est avant tout les acteurs dont les dialogues sont du caviar dans leur bouche. Tout est malin, caustique, ironique, à double-tranchant : du grand travail d’orfèvre.

Sur Allociné, j’ai lu des faits incroyable sur la fabrication du film en 1942, sous l’occupation allemande. Toutes les scènes du film y compris les extérieurs ont été filmées en studio, ce qui se voit dans la parfaite maitrise de la mise en scène et de la lumière. Je m’interroge aussi sur le dernier plan du film, où l’inspecteur Wens baisse le bras d’un des meurtriers ce qui laisse apparaître un semblant de salut nazi. Clouzot veut-il nous dire que l’occupant va se faire coffrer, et qu’il est à l’image du personnage magicien (ridicule, factice) ? C’est courageux et beau de faire passer ce genre d’idée.

Toute les scènes de ce film sont de l’inspiration pure pour des parties de jeu de rôle à la who done it d’Agatha Christy.

Après la découverte de L’assassin, j’ai vraiment envie de voir TOUT les Clouzot, notamment Les Diaboliques… Affaire à suivre…