
J’ai vu ce procès un soir pluvieux d’automne et je suis très content qu’il soit resté longtemps à l’affiche pour me laisser le temps d’aller le voir. C’était une séance à l’American Cosmograph où les vieux réagissait à fond au contenu politique. Ils s’insurgeaient entre eux à voix haute.
Le film nous dit que le tribunal est un théâtre des représentations, où chacun joue pour des choses différentes. Il y a le juge qui cherche à démêler l’affaire et qui prend notre place de spectateur. Il y a les auditeurs, à la fois personnages puisqu’il y a des chapelles, des places définies, des paroles, et miroir du peuple, comme spectateurs et juges. Il y a les avocats qui ont d’un côté et de l’autre non pas un client différent, une manière de défendre différente, mais des cultures et des idéologies différentes. C’est ce sur quoi le film met l’accent : comment un procès peut parler de la société. Le tribunal est-il le lieu de la vérité ou des masques ? Peut-on convaincre en mentant ? Et puis il y a Goldman, visage du militantisme d’extrême gauche, intellectuel mais aussi bandit qui est jugé pour être de bonne foi.
Ce dispositif mène à nous questionner sur notre monde contemporain. Cette affaire fait office d’exemplum dont les échos aujourd’hui sont plus que communs: la police tue, l’extrême droite prend du terrain.
A creuser : l’image pellicule, le format en 4:3 de la télévision de l’époque, format populaire, mais format qui contraint les corps dans un espace plus petit, comme en prison.
