Pauvres Créatures, de Yorgos Lanthimos

Note : 3 sur 5.

Une séance désastreuse

Avant de parler du film, je vais d’abord raconter le désastre que fut ma séance. Étant intrigué depuis longtemps par ce film et préservé de toute image du film, je décidais de me rendre à une des premières projections après la sortie du film dans un cinéma de quartier indépendant. Comme d’habitude, au guichet, on est très bien reçu, petite parlote avec le guichetier lui aussi passionné de Yorgos Lantimos, mais la suite se gatte. On s’installe dans la salle et peu à peu, elle se remplie de gens totalement infréquentables. La bande d’ados qui ouvrent des bouteilles au tire-bouchon en s’accompagnant de chips. Les babos à notre droite qui semblent ne s’être jamais lavés tant l’odeur est insupportable et j’en passe. Mais ce qui m’a fait craquer, c’est ce vieux boomer qui s’est assis à ma gauche. Il réagissait à tout. Un bateau apparait dans le film ? « Aaaaah » puis machouillement humide de vieux. Je pourrais passer des heures à le haïr. Ça a rendu la séance tout bonnement insupportable et de ce fait je n’ai pas vu le film à sa juste valeur. Rien que pour ça, je maudis ces gens.

Juste chèvre devant ce film

Malgré la qualité médiocre du public, le film m’a fait gamberger. Quelle est sa valeur en temps qu’adaptation de Frankenstein et de Candide ? Ou est la place du plaire et instruire dans ce conte philosophique ? J’ai beaucoup pensé à ce bon vieux Aristote et ces classiques qui suivaient à la lettre le « placere, movere, docere ».

Outre l’esthétique du film que je trouve passionnante, je pointerais un défaut. Selon moi, au bout d’un moment, les scènes de sexe n’apportent rien et n’enseignent plus rien à Bella, c’est lassant. Aussi, l’épisode de fin est un peu long, même si cela permet un plan de fin très jouissif.