Apostasie, de Vincent Tassy

Note : 5 sur 5.

Mon histoire avec ce livre commence il y a un an, alors que je me perds, comme beaucoup de soirs, sur Booktube. Des youtubers en parlent d’une manière inhabituelle. L’aura grandit. Le titre moisi dans ma liste des mois et des mois. Un jour je le cherche dans une librairie, je ne le trouve pas, alors je vais dans une autre, et dans une autre, et dans une autre. Je ne le trouve qu’à un seul endroit : à la bibliothèque. Alors je fais mon Anthelme et je le dévore, perdu dans les forêts des Pyrénées, en écoutant la Chouette hululer au loin la nuit. J’ai appris que ce roman n’est plus édité et qu’il est plutôt revendu trois fois son prix sur vinted. Merci la bibliothèque.

Depuis que mes yeux ont lu les premières lignes du roman, je le décris à tout le monde en quatre mots : ambiance, fée, émo, gotchique. Je ne dévoilerai rien de la fiction car elle doit se découvrir comme je l’ai fait : sans aucune information. Ainsi, on est vraiment surpris de ce qu’il se passe. Parce que la structure semble évoluée de manière sensible et mimétique d’une sorte de flux onirique, fantasmatique, merveilleux de l’auteur. Une bizarre alliance d’Anne Rice et Joachim Du Bellay.

Ce qui m’a le plus touché, c’est ce rapport au lyrisme. Je n’ai jamais lu quelque chose comme ça. Le lien aux fleurs, à la forêt, au vivant m’a touché au plus profond de moi-même. Cela arrive très, les livres qui vous font voir quelque chose en vous que vous attendiez sans le savoir. C’est tout bonnement indescriptible.

J’ai bien aimé le motif oxymorique d’une errance sans être perdu. A un moment, un personnage doit seulement connaître l’existence d’un lieu pour savoir s’y rendre, seulement par sa volonté, sans connaître de chemin précis. Une marche par sérendipité. J’ai trouvé ça particulièrement beau.

La non-binarité du récit, et des personnages, m’a fait du bien, et m’a semblé être installé de manière beaucoup plus naturelle et élégante que dans d’autres histoires de buveurs de sang.