
Globalement assez déçu de Kinds of Kindness, me voilà pour vous dire mes quelques impressions sur la dernière divagation de Lanthimos. Souvenez-vous, j’avais passé une séance absolument affreuse de Pauvres Créatures, bien que le film m’ait enchanté. Je suis aussi un immense adorateur de La Mise à Mort du Cerf Sacré.
Ici, il ne s’est rien passé pendant la séance, à tel point que je me suis ennuyé et ce, dès le premier segment. J’ai trouvé l’ensemble laborieux, long et prévisible. On essaye de déjouer mes attentes, c’est l’habitude du cinéaste, mais ça ne marche pas sur moi, sans doute à cause du fait que je connaisse très bien ce cinéma. En somme, je trouve que Lanthimos fait un peu sa propre parodie, en épaississant son esthétique.
J’ai été marqué par le fait qu’on souligne autant les références iconographiques et christiques. Certes, c’est raccord avec les histoires, mais on aurait pu s’en décrocher pour s’en émanciper. Lamentations du Christ mort, don de son foie pour la transcendance, ascension du messie sur un pèse-chien, et j’en passe…

Pour revenir sur les trois segments, je dirais qu’il m’ont tous donné un sentiment d’inachevé et de frustration. Aurait-il fallu en faire chacun un long-métrage afin d’aller plus loin ?
Il reste des images et des moments tout à fait savoureux, qui contiennent tous ce qu’on vient voir : du macabre, du noir, du vide, de l’absurde, du charnel, de la profondeur invisible de ce monde clinique qui n’en finit plus de prendre ses distances avec la vie. Les acteurs sont absolument parfaits, des détails m’ont immédiatement impressionné, comme ce petit mouvement de peur dans un fauteuil quand son boss s’approche de vous, comme ce blocage d’une femme qui ne peut esquiver son ex-mari et sa fille. Un vrai film de bande, comme une troupe de théâtre issue du carnaval inquiétant ou d’une toile de Bosch. Mais encore une fois, je ne sais pas si j’irai en salle voir le prochain Lanthimos…