
Première excursion dans l’oeuvre de Robbe-Grillet et je n’ai pas été déçu. J’avais quand même des repères donnés par mes études de lettres, donc j’ai lu ce que je m’attendais à lire : plus qu’un exercice de style, une performance mystérieuse où la langue fait émerger une beauté, une poésie, une étrangeté de la vie et du récit.
Je conseillerais vraiment ce livre à tout le monde, même sans rien savoir de sa genèse, car on peut être happé, comme je l’ai été. Mais si ça vous intéresse, allez voir la page wikipédia qui explique ce qu’est cette bizarrerie. Il faut le lire dans un état de semi-éveil, de naïveté, ouvert aux possibles.
Je ne retiendrai pas l’expérimentation grammaticale, parce que je l’ai trouvé superflue, trop peu radicale. Cependant, j’en retiendrai l’effet qu’elle m’a donné : une décharge de vertige. Il y a comme la sensation mystique d’être sur le seuil du vide de l’existence, parfois avec humour et ironie, parfois avec gravité et tragédie.
Tout se reconfigure en permanence, le langage semble être au coeur du mystère car quand on essaye de résoudre l’énigme, il revient au coeur. Et si c’était les mots et l’écriture qui influaient sur la fiction ?
Je retiendrai aussi ce fantastique biblique, ces signes diffus qui résonnent du fin fond des âges ésotériques.
J’ai parfois pensé à Lynch…