L’Ombre d’un Doute, d’Alfred Hitchcock

Note : 4 sur 5.

Nouvelle étape dans mon épopée Hitchcock, L’Ombre d’un Doute fut vraiment un bon moment de cinéma pour moi.

Après Sabotage, je m’attendais un peu à un film de la même trempe, sauf qu’ici, on sent une tonalité bien différente. Le maître s’accorde plus volontiers une intrigue resserrée et non plus une aventure à travers les États-Unis. Le monde est toujours en guerre lors du tournage du film, mais ça n’apparaît pas dans L’Ombre d’un Doute, comme si cette toile sous-jacente était métaphorisée dans le pays qui devient un nid à espion et à détective privé. Les gens ne pense qu’à la mort, qu’aux meilleures façons de tuer son prochain, et les jeunes femmes sont déprimées.

Ce film tisse plutôt une ironie noire, où chacun fait du sarcasme pour conjurer l’ennui, où l’analyse des secrets des autres devient naturelle. Une belle dualité se joue dans les Charlies, l’oncle et la nièce. Ils ont chacun des émotions ambivalentes, n’hésitent pas à devenir violents pour protéger un secret, se cacher par l’inconfort de son prochain, etc. C’est le coeur de ce qui a gardé mon attention. J’étais tout le temps en train de décrypter l’image.

Tiens l’image justement, il y a tout un monde théorique construit à partir de ce mot : la montre bracelet, le temps, l’image-temps, l’image morte, l’image voleuse d’âme. J’ai pensé par moment à Blow Up.

Bref, allez-y les yeux fermés, car c’est génial. Mention spéciale aux personnages d’enfants qui sont très drôles.