Exposition Wes Anderson à la Cinémathèque française

Je ne sais plus comment j’entends parler de l’exposition West Anderson à la cinémathèque. En tout cas, il me semble qu’il n’y a pas eu beaucoup de communication autour de cet événement, ni un grand emballement général pour cette exposition.

Nous y sommes allés à quatre, un samedi après midi, payant la rondelette somme de 14 euros par personne, tarif normal.

En faisant l’exposition de fond en comble, en prenant le temps de bien regarder l’ensemble des objets, en discutant un peu, nous avons mis une heure à en faire le tour.

Le ressenti à la fin de l’exposition est très positif. On a tous le sentiment d’avoir passé un bon moment. L’exposition est digeste, équilibrée, bien scénographiée. Alors, ça bloque où ?

Avec du recul, quand vient le temps de laisser les amis, quand nous avons fini de parler de nos films préférés, à travers la vitre du RER, j’ai un sacré goût amer dans la bouche.

Qu’y voit-on ?

On voit d’abord de magnifiques photographies de tournage, de préparation et de documentation, prises par plusieurs personnes. Les tirages sont impressionnants, le montage des polaroids somptueux, les moments capturés d’une rare beauté pour qui s’intéresse à l’univers du cinéaste. Quelque chose de fascinant serait à trouver dans sa relation à la photographie. On ne nous en dira rien.

On voit aussi les poupées, figurines, animatroniques, accessoires, costumes qui ont servis sur les tournages. Je dois dire que j’ai été particulièrement touché de voir certaines pièces de mes propres yeux, ce genre d’expérience n’a pas de prix. Au delà de l’aspect sentimental, il y a un réel intérêt à pouvoir décortiquer ces choses, surtout dans la partie dédiée aux films d’animation. En effet, en tournant autour des objets, en s’approchant au plus près pour contempler les détails, on se rend compte du travail collectif du cinéma. On ne nous dira pas comment sont faits ces objets, ni quelles sont les techniques employées.

On voit enfin des documents sur la genèse des films, scénarii, storyboards, partitions musicales, affiches alternatives, dont on ne nous dit pas les particularités, dont on ne fait pas l’étude, dont le lien avec les films ne sont pas faits. Je passe rapidement sur les extraits des films projetés qui ne servent à rien à part prendre de la place et engorger les espaces. Il y a aussi ces coins faits pour prendre des photos pour les réseaux sociaux où l’on peut constater la vacuité de l’existence humaine qui prend avec sérieux et premier degré ces endroits. Ils donnent leur portable à leur ami, s’installent le sourire aux lèvres, prennent leur meilleure pose, cambrée, de trois-quart, fais voir, attends on va la reprendre. J’ai envie de vomir.

C’est donc un étalage et pas une exposition réellement intéressante en soi. C’est au spectateur de se construire son intérêt. Rien ne nous ai donné puisqu’aucun travail n’est fait à part l’installation des objets. En plus, à la boutique, il est difficile de trouver ce que l’on cherche, il manque des éditions blu-ray, bla bla bla je suis grognon.