Le cauchemar d’Innsmouth, tomes 1 et 2, de Gou Tanabe

Note : 4 sur 5.

Il y a deux ans, j’empruntais en boucle à la bibliothèque les adaptations en manga de Lovecraft par Gou Tanabe. Très vite, j’ai été lassé par ces récits. Alors j’ai arrêté de les lire, et je me suis contenté de savourer la traduction de David Camus chez Mnémos. Néanmoins, deux évènements vont me faire acheter les deux tomes du Cauchemar d’Innsmouth. Le premier est la sortie prochaine du jeu de rôle Delta Green, dont une partie de l’histoire fait intervenir cette nouvelle. Le second est leur présence en occasion à la librairie Aaapoum Bapoum. Ils étaient là, je les ai pris.

J’ai tout bonnement adoré cette lecture. Le problème : je n’ai rien à en dire.

La bande-dessinée est très classique en soi, mais est très maitrisée, si bien que Gou Tanabe nous rappelle l’importance de certaines choses qui sont aujourd’hui oubliées par de nombreux récits. Par exemple, la construction des planches est toujours au diapason du récit, ménage son effet pour créer des jumpscares en tournant les pages, garde les double-pages pour les moments de contemplation et de vertiges horrifiques et cosmiques.

Pour moi, c’est vraiment dans le dessin que le mangaka ce démarque. J’ai senti la corruption des lieu, l’humidité impie de la peau des habitants Innsmouth, leur regard globuleux, le vide abyssal de la mer et du ciel. C’est donc ça que je garderai : le dessin.

Ensuite le récit est aussi un joli tour de force. Pour apprécier les adaptations de Gou Tanabe, il faut passer un pacte de lecture : l’oeuvre de Lovecraft est inadaptable, c’est impossible de mettre en image l’indicible, donc si je pars de ce principe, je m’ouvre aux propositions. De ce point de vue, cette nouvelle est très bien mise en manga.

Je ne sais pas si je lirai d’autres Gou Tanabe de si peu, mais ce Cauchemar d’Innsmouth m’a séduit et réconcilié avec l’auteur.