Le Voleur, de Claire North

Note : 4 sur 5.

Après la lecture du tome 1, j’avais du mal à cacher mon excitation. Je voulais continuer, c’est chose faite, et maintenant, j’attends le tome 3.

Ce tome 2 de La Maison des Jeux fut encore une très bonne lecture, qui ne me laisse pas sans question.

Déjà : Pourquoi ce titre ? Il est sans nul doute métaphorique. J’en déduis que le voleur serait le protagoniste dans les yeux du « méchant », mais rien n’est moins sûr.

Je suis encore une fois impressionné par la structure imparable du récit. Pas de surplus, aucun gras, rythme maîtrisé qui sait ménager des moments de lenteur. Tout est à sa place, presque déterminé, sans hasard, tiens tiens.

La résolution du livre, en particulier, est particulièrement divertissante, comme le sont les révélations d’un Sherlock Holmes, même si les intentions du « méchant » sont plutôt décevantes.

Ce « méchant » est décevant à dessein, je pense. Sans spoiler, l’autrice veut nous dire que le jeu n’a aucun sens et que l’orgueil de certains joueurs est infini. Le message de ce tome tourne autour d’un portrait en creux de l’humanité : est « je » ce qui n’est pas « jeu ». Plus ce dernier nous obsède, plus on perd ce qui fait de nous des humains. Le cœur s’invite quand on ne s’y attend pas. Le livre montre aussi l’obsession du pouvoir jusqu’à l’absurde. Au fil de la lecture, je n’ai cessé de questionner le sens de la maison des jeux.

Je garde des questions irrésolues sur l’univers mais elle trouverons réponse, j’espère, dans le tome 3, dont l’intrigue s’installe tranquillement.

Chaque tome se passe dans un endroit du globe différent, mais ce n’est pas vraiment possible de les lire indépendamment. Si un lecteur commence par ce tome 2, il ne saisira pas beaucoup de choses.

Le choix de situer cette histoire en Thaïlande est original. La spiritualité occupe une grande et subtile place dans l’histoire. Les moines, la bonté pure, le protagoniste qui se grime en prêtre errant, les vêtements de la maîtresse des jeux… Tout cela dresse un tableau pour nous faire réfléchir, encore une fois, sur ce que nous croyons pour remplir la vie de sens.

Affaire à suivre…