The Brutalist, de Brady Corbet

Note : 1 sur 5.

J’ai toujours envie de parler cinéma. Pourtant, parler de The Brutalist me déprime au plus haut point, et je ne sais pas vraiment pourquoi. En tout cas, l’écriture de ce billet est douloureuse.

Les bons points donnés au bon élève

L’aspect le plus frappant du film est l’image, la photographie. On est face à une succession de belles images. Parfois, le film nous offre de véritables tableaux. On nous offre aussi de très bonnes idées de mise en scène. C’est un film intellectuellement stimulant. Néanmoins, le cinéma peut être autre chose que de l’idée, de l’intellect, mais aussi des sensations, de la matière, comme pour l’architecture.

La musique est tout bonnement incroyable. Elle donne de l’ampleur, de l’espace, de la profondeur à l’image. C’est comme si la bande-originale voulait donner un panorama sonore du sujet du film : l’architecture. Néanmoins, une bande originale n’est pas forcément faite pour illustrer ce qu’il se passe à l’image ou dans l’histoire, elle peut aussi offrir un contre-point, une nouvelle perspective, afin d’enrichir le film. Ce n’est pas le cas, mais ça reste beau.

Mon ennui

Dans la vie, il y a quelque chose de très énervant : la vantardise. Ceux qui, à mesure d’étaler leur fraise, n’étalent plus rien sur la tartine. J’ai la sensation en voyant The Brutalist d’être face à un vantard. Le film est extrêmement référencé, tant est si bien que le visionnage énerve, on entend le film nous dire à l’oreille en chuchotant : « Tu vois, là il y a une référence. Tu n’as pas la référence hein. Haha. Tu n’es pas assez intelligent pour me comprendre. » C’est drôle car je saisi la plupart des références et l’interprétation qui en découle illustre l’histoire, quand elle n’aboutit simplement à rien. Tout cela est de la frime.

Je pense qu’au centre de ce biopic réside un problème : l’incompréhension de la vision de Toth.

C’est trop parfait, tout semble maitrisé, charpenté au millimètre. La déconstruction du récit est organisée. Tout les choix de ce qui est montré et dit est pleinement conscient. The Brutalist semble être conçu comme une cathédrale aux fondations cyclopéenne. Pour moi, tout cela est d’une tristesse sans nom et témoigne d’une mauvaise interprétation du travail de Toth. Le scénario se perd lui-même et ne raconte finalement pas grand chose. Dommage de ne pas voir la construction du bâtiment. A la place, on aura un joli plan en accéléré en contre-jour.

Manque aussi de renouvellement et de nuance car dès le plan de la statue de la liberté, dans les premières minutes du film, on comprend que les États-Unis sont bancales, décalés, ont l’effet inverse de ce qu’on voulait. The Brutalist ne racontera rien de plus. Le regard du film est là pour faire rentrer la statue de la liberté dans le plan, à l’adapter, la contraindre au plan, si on essaie de bien la regarder, grâce au film, on voit que l’Amérique, par extension, est nulle. Le film va s’évertuer à essayer de montrer l’ironie de tout, mais ça se retourne contre lui, puisque je n’ai pas besoin d’ironie sur ce que montre le film, je le sais déjà.

L’apogée de cela est l’exposition incessante. On nous dit l’histoire, les points clés nous sont racontés, car la mise en scène ne veut pas nous les raconter. Il ne faudrait pas perdre le spectateur avec des choses trop compliquées.

Marre du cinéma de gros cerveau. Marre du montage qui ne nous laisse pas regarder les images, alors que c’est précisément le sujet. Marre des film trop long pour rien.

Pardon mais il y a tellement de clopes et de fumeurs dans ce film que ça devrait s’appeler The Buralist non ? J’ai pas raison ?