
J’ai d’abord entendu parler de Claire North sur Booktube et ça m’a tout de suite intrigué. La critique de la Booktubeuse n’était pas très bonne mais il y avait quelque chose d’intriguant, et quand un livre m’intrigue, je le note directement.
Par le coup du hasard, des mois plus tard, je trouve le tome 1 de La Maison des Jeux d’occasion chez Gibert. Je commence la lecture dès que je suis assis dans les transports et le termine quelques jours plus tard.
Ma lecture se passe bien, je suis happé par la fiction, ses thèmes et son écriture. Voici quelques impressions.
Nous observons
La première chose qui étonne, c’est le choix d’une énonciation à la première personne du pluriel. Le pronom « nous » est employé de manière très ingénieuse. En effet, cela inclue le lecteur dans l’aventure et donne un certain romanesque à l’histoire. On imagine les ruelles de Venise avec une musique de thriller. La voix du narrateur est la voix off mystérieuse d’un polar, surplombante, dont on se demande si celui qui observe deviendra un personnage de la fiction plus tard.
Cependant, le « nous » semble désigner parfois Thene, parfois les arbitres, parfois tout le monde, ce qui devient parfois confus. Mais je comprends l’idée qu’on veuille faire un univers où il y a toujours quelqu’un qui observe Thene, dont le lecteur. La dimension métatextuelle a l’air d’être précieuse pour l’autrice, comme pour nous rappeler que nous lisons une sorte apologue sensé engager une réflexion.
La deuxième chose qui m’a intéressé, c’est le traitement historique et politique de la Venise du XVIème siècle. Le livre met l’emphase sur le racisme et l’antisémitisme, déjà présent à cette époque. L’écriture dit beaucoup en peu de mots, j’ai adoré ces aspects.
J’ai néanmoins repéré quelques fautes. Je pense qu’une ou deux sont dues à l’écriture de l’autrice en anglais (il y a parfois une syntaxe étrange, des tentatives alambiquées), une autre à la traduction (de la pure orthographe). Ce n’est jamais trop grave, mais sur un livre de 150 pages, c’est assez navrant, ça dessert la noblesse du livre.
Quoi qu’il en soit, je conseille ce thriller à tout le monde, surtout à ceux fasciner par le jeu, le déterminisme, et la littérature de l’imaginaire un peu particulière.