• Sur les mosaïques croisées aux coins des allées

    Invader, c’est le nom de celui qui pose ces carrés de mosaïques à l’image du jeu-vidéo de 1978, entre pixel art et street art. Voila l’envie d’écrire sur cet artiste dont l’œuvre regorge de tensions. En effet, quand je vois un space invader sur un mur, ça fait splash dans ma tête, une aventure s’enclenche, ça m’inspire, ça m’intéresse, ça me fascine. Pourquoi ces œuvres me font-elles méditer ? Cet article entend y répondre et pour cela, je raconte ma découverte de ces choses et les pensées qu’elles font naître dans ma petite tête.

    ma découverte des mosaïques

    Je n’ai jamais vraiment entendu beaucoup de chose sur lui, dans ma modeste veille artistique. Quand j’entends parler de lui, c’est toujours avec légèreté, jamais avec sérieux, au mieux avec respect. Une position qui m’est apparue de plus en plus étrange à mesure que je croisais ses œuvres.

    J’ai d’abord vu son apparition dans Faites le mur ! le documentaire de Banksy. Puis, c’est apparu quelques fois, dans la périphérie de mon regard, sur les bords, et à Avignon, où j’en voyais pendant mes trajets quotidiens, grâce à l’arpentage journalier de la cité des papes. Je les prenais en photo, comme des souvenirs. Enfin, j’ai vu des vidéos de bédéistes utilisant l’application flashinvaders, alors j’ai voulu faire comme eux, ça avait l’air marrant.

    flashinvaders est une application où on peut « flasher » les mosaïques qu’on croise, ce qui donne des points et un classement, c’est donc un jeu d’exploration. (mon pseudo est lechouettejulien, ajoutez-moi) À mesure qu’on flashe, on voit apparaître une mosaïque de mosaïques. Quel étrange bestiaire…

    Dans un recoin de la librairie Terra Nova, à Toulouse, j’ai trouvé le livre sorti en 2022 à l’occasion des 4000 mosaïques d’Invader1. On y trouve une préface de Jean-Baptiste De Panafieu, docteur en océanographie biologique, et un épilogue écrit par l’artiste.

    Alors qu’on prend conscience du street art qui nous entoure, on se rend compte de sa diversité et de sa multitude. Il y a par exemple les graffitis, plutôt affiliés au monde de la peinture, les affiches, et maintes espèces de sculptures collées aux murs. Ainsi, les space invaders m’ont révélé les autres œuvres, plus ou moins récurrentes, entre têtes d’alien, symboles de cœur, et créatures bizarres. Une pratique me semble plus étrange encore : imiter les space invaders en s’inspirant de prés ou de loin du pixel art. Encore plus moralement douteux : détacher un space invaders et le remplacer par autre chose, rendant difficile le travail des réactivateurs (ceux qui font revenir les mosaïques disparues ou en mauvais état), faisant de l’espace artistique urbain un espace compétitif, concurrentiel, loin de sa philosophie première.

    « Lorsqu’il leur arrive de disparaître, ils renaissent parfois sous la même forme et au même endroit, comme si l’invasion ne pouvait être stoppée. » 1

    Tout demeure désormais un plaisir au gré de mes ballades dans Paris. Mes itinéraires de « chasse » sont prévus à la manière d’un ornithologue connaissant les lieux d’apparitions d’un oiseau rare. Sorte de Pokemon Go avec moins de temps d’écran. Le véritable plaisir survient lors de la découverte impromptue d’un space invader, connu, inconnu, oublié, en pleine sérendipité. Ils nous deviennent familier, vivant, à l’image de la ville qui, elle aussi, nous devient familière, vivante.

    pensées sur l’œuvre

    tentative de description

    Essayons de décrire ce qui ne change pas : ce sont des mosaïques dont les fragments de forme carrée figurent une image.

    Essayons de décrire ce qui change : la tailles, les couleurs, les emplacements sont très variables ainsi que ce qu’elles représentent.

    Quelle est la matière des mosaïques ? Quels sont les enduits utilisés ? D’où viennent les mosaïques ? Comment sont-elles assemblées et installées ? Comment sont choisis les lieux ? Est-ce par affinité avec ceux qui y habitent ? Par souvenir ? Par hasard ? On ne peut que faire des suppositions et grappiller des indices de-ci de-là, par l’observation…

    « Tous les invaders sont des virus. »

    « Ni biologiques, ni numériques, mais citadins. » 1

    habitat naturel

    On rencontre les œuvres dans toute sorte d’endroits, comme on peut le découvrir dans les livres consacrés à l’artiste1 ou dans les diverses ressources en ligne2.

    « Il s’agit de l’avant-garde d’une invasion artistique d’ampleur planétaire. Plus de vingt ans après, malgré sa simplicité apparente, la nature profonde de l’événement reste mystérieuse. » 1

    La plupart du temps, les space invaders se trouvent dans les coins et en hauteur, ou en tout cas, là où il faut chercher du regard, bouger sa tête, son corps et ses orbites. Le « chercheur » est obligé à scruter le parasitage de la ville, ce qui détonne.

    Les angles sont des endroits singuliers. Ce ne sont pas des destinations, mais des points de passage. On s’y croise, rencontre, retrouve, on y cherche notre chemin. En ville, après avoir regardé en hauteur un space invader dans un coin, on s’étonne, en abaissant notre regard, de découvrir les perspectives urbaines s’étalant vers les points de fuites.

    C’est comme si un lien profond et complexe se construisait entre nous, les mosaïques et le reste du bâtiment sur lequel elles sont collées. Il n’y a ni séparation ni frontière. Le monde devient la mosaïque. L’art rend possible un monde où les si vivent.

    éthique du fragment

    Le motif et le pixel art permettent de déplier les possibles. En fonction de notre corps, notre perception de ce que les mosaïques représentent changera. De loin, un space invader, de prés, une alternance de carrés de différentes couleurs.

    « Ces envahisseurs de l’espace sont en réalité des envahisseurs d’espaces. » 1

    En plus notre positionnement dans l’espace, ces créatures nous confrontent aux autres. Ne sommes-nous pas comme elles ? Des sortes de parasites dont l’existence défie la logique. Ce vertige ontologique passe par un émerveillement enfantin : « Oh ! Un space invader mignon et coloré ! Je le connaissais pas celui-là ! Mais, au fond, qui suis-je ? Qu’est-ce que je fous là ? » Il est impossible d’épuiser leur signification. Se questionner sur le sens des space invaders, c’est se questionner sur l’existence des êtres, de la vie. Ils permettent aussi de voir le monde changer autour d’eux.

    Tout cela n’est que des points, des étapes dans notre itinéraire, dans notre arpentage. Les space invader redonne aux espaces un aspect sauvage, comme si c’étaient des terres inexplorées, jamais foulées par l’homme.

    « Ce jeu de l’imaginaire s edouble du plaisir de la transgression. Apparaissant brusquement, sans avertissement, les invaders surprennent, indignent, amusent ou enchantent. Cette dimension ludique, nocturne et clandestine, trouve un écho chez le spectateur qui prend plaisir à leur découverte fortuite. » 1

    Au final, il s’agit de contempler les variations d’une œuvre en série, qui prolifère. Au fil des trouvailles, les motifs et les récurrences se révèlent à nous peu à peu.

    L’artiste semble jouer avec la gameplay de son œuvre : il envahit le monde et questionne : Comment vont vivre les mosaïques et le monde autour ? Comment vont-elles disparaître ? Seront-ce les autorités ou le temps qui, inévitablement, transformera la ville en ruine ?

    Notes de bas de page

    1 4000, the complete guide to the Space Invaders 1998-2021, Control P Editions, 2022.

    2 Page wikipédia de l’artiste. , https://www.invader-spotter.art/stats.php

  • Carnet de croquis 2017 – 2018
  • Quelle est la raison des cartes ? de Jean-Marc Besse

    Cet article est une fiche de lecture de l’ouvrage susmentionné que j’ai adoré. Cela va me permettre de mieux retenir les idées qui m’intéressent.

    Un peu de contexte : j’ai une passion dévorante pour les petits livres de la collection « M.I.L.I.E.U.X » des éditions 205. Quand je trouve l’un d’eux dans une librairie, c’est toujours une belle découverte. Ils m’ouvrent une porte pour penser les lieux que je traverse. J’ai déjà une fiche de lecture de Pourquoi sourit-on en photographie? De plus, je suis allé voir récemment l’exposition « Cartes Imaginaires » à la BnF, qui m’a émerveillée. L’émission Mauvais Genre y a fait une déambulation.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/mauvais-genres/rever-les-cartes-rencontre-avec-cristina-ion-et-julie-garel-grislin-6912321

    Voici donc ma paraphrase du livre de Jean-Marc Besse publié en 2023, un relevé commenté et subjectif des idées qui m’ont le plus plues.

    Chercher son chemin

    Dans l’espace quotidien, on se repère à l’instinct. Dans l’inconnu, on se repère par carte.

    Un des problème à questionner aujourd’hui est notre propension à suivre aveuglément les instructions d’une carte. Parfois, on arrive même à destination sans savoir où nous nous trouvons et ce qu’on a traversé. On y pense quelques instants, et on passe à autre chose. On se dit que ce n’est pas si grave. Qu’est-ce que cela dit de nos sociétés? Ici, le verbe « traverser » est aussi à comprendre au sens figuré, puisque les cartes accompagnent et influencent ce que l’humain « traverse » dans sa vie.

    Les cartes contribuent à nourrir nos visions du monde, mais aussi les façonnent.

    Les déplacements sont une suite d’opérations, comme une liste qui se déroule. Notre rapport à l’espace est linéaire. Pourrions-nous imaginer d’autres rapports à l’espace ? Circulaire et cyclique par exemple ?

    Le monde est couvert de traces

    Certaines sociétés n’éprouvent pas le besoin de faire des cartes. Quelques exemples de techniques qui se substituent aux cartes : Thoreau qui raconte que les Indiens observent la nature pour se repérer comme une boussole naturelle. Les Touaregs Kel Ferwan, eux, se repèrent grâce aux étoiles et aux dunes.

    « La surface de la terre est couverte d’indices pratiques pour ceux qui cherchent leur chemin, et les paysages sont comme des cartes vivantes leur permettant de s’orienter. »

    « La mise en œuvre d’un savoir indiciaire, d’un savoir esthétique. Car il s’agit d’apprendre en se rendant sensible au monde. »

    L’être humain n’a pas fondamentalement besoin des cartes. Cela fait du bien de recentrer le rapport de l’homme à la nature. Jean-Marc Besse cite Lucius Burckhardt, le théoricien de la promenadologie (Spaziergangwissenschaft), l’exploration par la marche. J’ai aussi pensé à l’arpentage, notion importante pour l’art contemporain, l’éducation populaire et la didactique de la littérature notamment.

    Si les cartes ne sont pas indispensable, c’est que cette technique a une éthique et des raisons anthropologiques.

    La mémoire des lieux et des passages

    Jean-Marc Besse rappelle notre point de vue occidental : nous sommes habitués aux cartes dessinées sur papier. D’ailleurs, nombreuses sont les cartes (en bâtonnets, sur le sable, etc.) mises sur papier par colonisation.

    « On constate que la compétence cartographique est largement distribuée à la surface de la terre, même si elle conduit à des productions hétérogènes et à des formes d’utilisations différentes. »

    Le véritable enjeu de l’existence des cartes est la mémoire. Nous devons mémoriser les trajets et nous les approprier afin de reproduire les déplacements. Les cartes sont à la fois une mémoire externe et un souvenir.

    Conserver les cartes

    Conserver une carte est un geste économique, un arrêt sur image.

    Une carte conservée est séparée du lieu et de son moment d’exécution : elle est une image indépendante. Elle a ainsi une performativité : elle crée un nouvel espace.

    Raisons cognitives

    Dans cette partie, l’auteur dresse une définition des cartes de manière exhaustive. En substance, d’après ce que j’ai lu, les cartes servent à représenter et à comprendre, elles « parlent » du monde. Mais voici d’autres constats que j’ai trouvés intéressants :

    Les cartes rendent visible les territoires mais ne leur ressemblent pas.

    Les cartes sont des espaces graphiques à l’intérieur desquels se construit la connaissance des territoires. Elles permettent aussi de déterminer les distances. Elles font apparaître des relations, des mouvements, des circulations, des flux entre les lieux. Elles tracent des formes.

    L’image cartographique est une image indépendante. Elle peut donc servir à représenter toutes sortes de choses qui ne sont pas géographiques. Ceci est développé dans la partie suivante « Raisons Poétiques ». Elle peut par exemple devenir un système de classement et d’organisation de la pensée.

    Raisons politiques

    « Il n’est pas possible de les sortir de leurs contextes de fabrication et d’utilisation parce qu’elles interviennent à l’intérieur d’un ensemble d’interactions humaines. »

    « Elles ont une vocation communicationnelle. Il s’agit de dire (et de faire) quelque chose. »

    Avec ces citations ci-dessus et l’exemple des cartes de propagande nationaliste, on peut dire qu’elles reflètent une idéologie, des valeurs, une autorité et des subjectivités. Aussi, alors même qu’elles sont le témoignage de mouvements, elles mettent en mouvement, et ça c’est beau.

    « Les cartes sont des outils fabriqués et utilisés dans le but de transformer les territoires et les paysages en fonction de projet sociaux et politiques. Elles servent à construire, à aménager, et aussi à détruire. En ce sens, elles sont des instruments efficaces de l’exercice du pouvoir sur l’espace. »

    Les cartes ont un effet sur celles et ceux qui la lisent. Elles influencent le rapport aux territoires.

    Elles ont, encore une fois, une performativité : elles décident de la forme du territoire, de ses lignes et de ses frontières, ce qui est moteur de conflits.

    Raisons poétiques

    Voici la partie la plus précieuse pour moi, là où l’imaginaire prend vie. Malgré tout, je remarque que le mot « psychogéographie » n’est pas utilisé. Il y a pourtant une production de cartes qui correspond à ce dont parle Jean-Marc Besse : des cartes sensibles et subjectives, à la manière de Walter Benjamin dans Chronique berlinoise, une biographie qui aurait pris la forme d’une carte.

    « La cartographie suscite parfois l’existence de purs espaces imaginaires. »

    Les cartes révèlent une épaisseur des espaces. Ceux-ci sont un assemblage de mondes fabriqués par les mouvements vivants. On peut déplier et ouvrir les potentialités du réel. Je fais ici directement référence à l’OuLiPo.

    « C’est dans l’écart, entre la carte et le réel, que l’imagination cartographique peut se développer. »

    « Peut-être faut-il considérer l’espace matériel et graphique de la carte comme un espace de jeu. Plus précisément, un espace où jeux narratifs et jeux graphiques se combinent pour produire, et proposer à la lecture et à la pensée, des univers fictionnels. »

    Ces citations nourrissent mon intérêt pour la notion de jeu en art. On apprend que le jeu intervient à plusieurs moments de la production et de la lecture des cartes. Une forme de vérité sur le monde serait trouvable dans l’interstice et le dialogue entre la carte et le réel.

    Il y a une « puissance poétique (poïétique) des cartes, qui font vivre des territoires imaginaires comme s’ils étaient bien réels à l’intérieur des sociétés. »

    Autre notion qui fait du bien : les cartes permettent d’incarner l’imaginaire. L’auteur prend pour exemple la carte d’Utopia de Hans Holbein dans l’ouvrage de Thomas Moore, mais aussi du royaume du prêtre Jean. Tous ces territoires imaginaires existent puisque les cartes ont porté leur image dans l’univers des croyances, des pensées et des discours.

    « Que la cartographie puisse conférer aux fictions leur dimension de réalité, la littérature et l’histoire le savent bien, qui se sont emparées depuis longtemps de l’idée que les lieux sont des foyers narratifs. Les cartes n’interviennent pas seulement dans les récits pour attester de la réalité des faits  rapportés (« cela a eu lieu, car cela a eu lieu ). Elles occupent une place décisive à la fois dans les opérations de lecture et dans la construction des récits. »

    Pour moi, cette partie sur la littérature est trop incomplète, il y a trop à discuter et ce n’est pas si simple. L’auteur prend pour exemple notamment l’utilisation des cartes par Zola, mais sans parler de la théorie littéraire. De plus, cela appelle un développement conséquent autour du rapport à la fiction et à la simulation. Mais c’est parce que ça me passionne, on est dans un livre très court, qui se veut synthétique et dense.

    Conclusion

    « Quelles que soient leurs apparences, leurs matières et leurs formats, elles sont des formes de réponse à la question centrale de toute société et de toute vie humaine : celle de son orientation dans le monde. »

    Au cours de ma lecture, j’ai été frappé de voir comment certains mots du vocabulaire de la carte, du voyage et du mouvement déploient leur polysémie pour parler de ce que vivent les êtres humains. Je pense par exemple à « traverser », « déplacer », et puis ci-dessus « l’orientation ». Et vous, que traversez-vous ?

  • Dungeon Crawl Kitchen #1

    Les 16 et 17 mai derniers, la première convention française dédiée à la communauté de Deungeon Crawl Classics s’est déroulée en plein centre de Paris, dans le 14ème.

    J’y suis allé le samedi 16 après-midi et voici quelques souvenirs de ce moment.

    Quelques informations

    Vous pouvez retrouver toutes les informations relatives à l’événement sur le site : https://www.dungeoncrawlkitchen.fr/

    Pour l’occasion, j’avais fait le premier numéro de Mur Porteur, un RPG Zine.

    Le DCK ne serait rien sans La Générale, un lieu associatif, artistique, culturel et indépendant, dont voici le site : https://www.dungeoncrawlkitchen.fr/

    L’arrivée

    A l’entrée, un étrange passeur fait sortir d’une sombre machine un loooooong ticket. Sur celui-ci : la charte d’adhésion à La Générale, une participation aux tombola pour gagner des lots, et quatre personnages niveau 0.

    Le passeur tient fermement un bâton, il frappe un gong à chaque mort de personnage. On entend à intervalles réguliers des MJ lancer : « Trois morts ! » Puis le gong retentir : « GONG, GONG, GOooong. »

    Le passeur à sur sa table tout un ensemble de trésors : fanzines et autres autocollants. J’y dépose dix exemplaires de Mur Porteur 1, donnés aux visiteurs ! Je repars avec les zines de Talmontespant, dont le « Inside Cyclop’s Kitchen » était fait pour l’occasion et conçu comme un module de tournoi avec un système de point et des lots à gagner. Je repars aussi avec « Dungeon Crawl Diary #1 », un zine de collages de Lauren Coullard ultra weird comme on aime.

    La boutique de jeu de société d’à côté, Majestik Games, a une table où ils vendent du jdr.

    La gros point positif est la cuisine. Café à foison. On lance 1D4 euros pour les snacks délicieux, 1D10 euros pour les sandwichs.

    Évasion de la Planète Pourpre

    J’ai mené une partie sur le créneau 14h – 17h. C’était l’entonnoir niveau 0 de la boîte Périls sur la Planète Pourpre. On est en train en parallèle de faire une campagne dans ce setting, j’en ai profité pour jouer cette histoire.

    Les cinq joueurs jouaient avec leurs personnages sortis de la machine à tickets. Beaucoup de frappements de gong ont été entendus.

    Avec toutes ces rencontres, on a passé un excellent moment. La passion était dans tous les esprits. On attend avec hâte la prochaine édition de DCK.

  • Zine : Mur Porteur 1

    Premier numéro de Mur Porteur, un zine en une page recto-verso qui présente un donjon niveau 0 pour votre jeu de rôle old-school favori (Dungeon Crawl Classics par exemple bref).

    📜 Synopsis

    Les aventuriers explorent la Confiserie d’une sorcière malicieuse. Une histoire courte mais pleine de sucre, inspirée par Hansel et Gretel.

    🍭 À propos du module

    Mur Porteur 1 a été distribué à une vingtaine d’exemplaires à l’occasion du DCK#1, faits avec mes petites mains, à l’encre de chine, sur du papier. Et promis, mal photocopié.

    ✂️ Imprimez, Pliez, Jouez !

    🍬 Ce que vous trouverez dans ce module

    Les brouillons :

  • L’œuvre invisible, d’ Avril Tembouret et Vladimir Rodionov

    Documentaire vu au cinéma ABC à Toulouse, sur les conseils du podcast Réalisé sans Trucage. Intrigué, j’ai foncé. Ravi d’avoir pu voir ce film en salle. Il est peu distribué. Quand il sera en vod, voyez-le ! Il s’agit d’une enquête sur un réalisateur oublié des années 60, proche de Jean Rochefort, entre autres… Mes impressions à chaud :

    En quelques mots : ce film veut me manipuler. Il veut me dire que cet Alexandre Trannoy était un génie caché de l’histoire du cinéma, un amoureux de la Grande Toile, tellement amoureux qu’il voulait vivre dans l’image. Alors que, si on regarde ce qu’on nous montre, il s’agit ni plus ni moins qu’un homme en détresse mentale. Malade mental. Érotomane. Mythomane.

    Point d’empathie possible, malgré ce que dit la voix off, qui voit en Trannoy une figure d’artiste magnifique.

    Le film dit qu’il n’y a plus personne pour en parler, or le film en parle. On voit des entretiens avec des gens du cinéma qui l’ont connu. Au fil de ceux-ci, on comprend qu’ils ne nous disent pas tout. Des choses sont restées tues. Certains entretiens sont si invraisemblables qu’ils semblent mis en scène, joués, faux. Me prendrait-on pour un oignon ?

    Qu’est-ce qu’il a bien pu se passer avec ce gars pour que toutes ces personnes s’en souviennent ? Pourquoi aucun des intervenants ne peut décrire précisément les tournages ? Pourquoi Avril Tembouret reste flou sur le déroulé de son enquête ? Tant d’éléments devraient être expliqués…

    La plus grande beauté du film est aussi sa limite : il met en scène ce qu’on ne sait pas. Que d’oxymore. Néanmoins, comme on vient de le dire, c’est un film sur l’escroquerie, alors qui nous dit qu’il ne nous cache pas quelque chose ?

    Excellent film. Joli hommage à Jean Rochefort.

  • Live report, Pénitent et Bataille à La Mécanique des Fluides, Toulouse, 28/02/26

    Voici un petit compte-rendu du concert que nous sommes allés voir. C’était hier à la Mécanique des Fluides, un bar qu’on commence à bien connaître. On y avait déjà vu un concert de Black Metal avec Nature Morte, Aetheria Conscientia. On y retourne pour Pénitent, un groupe de « Hard Rock Eméché » venant de Marseilles, et Bataille, le groupe de « Metal Noir Atmosphérique » venant de Nantes.

    Avant le concert, j’ai écouté rapidement la démo de Pénitent, qui ne m’a pas convaincu, mais je voulais quand même voir cette musique en concert. La soirée m’attirait beaucoup à cause de Bataille, comme la quasi totalité du public je pense. Faut-il le rappeler ? Il s’agit du groupe de Maxwell qui fait des vidéos sur youtube. Surtout, j’écoute beaucoup Bataille et j’adore. J’ai découvert à la sortie du premier EP « Warmonger », et les mélodies m’accompagnent toujours, je les ai utilisées dans des parties de jeu de rôle, je les écoute quand je dessine.

    Le concert

    Entrée du bar, avant nous, des gens veulent rentrer sans payer, joli, le flyer indiquait 5-7 euros, je dis aux gars que ce sera deux places à 7 euros, je soutiens, les gars sont contents, un coup de tampon rouge sur le poignet, on commande du cidre au bar et remarquons deux caisses de vinyles à côté de l’entrée, des disques m’intéressent mais je ne les prendrai pas, je ne veux pas être encombré pendant le concert, on se met finalement sur l’extrémité de la scène, côté cour, collé à l’ampli basse.

    Le bar est bondé, les musiciens de Pénitents doivent se frayer un chemin vers la scène. Une musique sincère, romantique, en colère, noire, nous n’avons pas les codes de cette musique, tout comme les inspirations du groupe, ce n’est pas notre culture. On a surtout aimé les paroles, en français, et la basse. Il y a des structures de morceau, des changements de riffs et des progressions hyper inattendues pour nos oreilles profanes. Malheureusement, le tout manque de rigueur, il y a eu pas mal d’accrochage, mais c’est un très jeune groupe, c’est trve, c’est là, ils y vont à fond, ils y croient, c’est l’essentiel.

    La chaleur redescend un peu pendant l’installation de Bataille. Dommage, le public change. Les gens qui ne voulait pas voir Pénitent rentrent encombrer l’espace de leurs vapeurs toxiques. On se retire un peu en arrière, pour ne pas être trop oppressés par les grands métalleux normies et poseurs à sweat à capuche, par les gars qui gueulent et groove comme sur du stoner : insupportable. Notre placement pour Bataille n’a pas permis d’apprécier les projections. Bataille est surtout un ciné-concert, mais on n’a rien vu. Pas grave, dès le début, plaisir de fermer les yeux et se laisser porter. Deux ajouts incroyables au live de Bataille : le guitariste et les cris de Maxwell. On n’a pas vu le temps passer, quand on faisait abstraction des idiots, on s’est laissé transporter. Le son était parfait, mix équilibré entre l’ordi, le synthé, la guitare, le chant. Bravissimo.

    Sur le stand des vinyles, le merch se faisait très rare, et puis aucun fanzine à l’horizon.

    Un moment qui donne envie d’écrire, de dessiner, de créer. Cette ambiance générale de liberté dans les concerts m’avait manqué.

  • Zine : Mantes-La-Jolie

    Zine : Mantes-La-Jolie

    Au fil de mes balades dans Mantes-La-Jolie, j’ai glané quelques dessins à l’encre de chine dans ce mini-zine.

    Cela fait suite à Carcassonne de l’été dernier, ce délire devient une série de tout petits zine ! J’ai déjà un nom en tête : Six Tas d’Ailes.

    Si vous voulez l’imprimer et le plier vous-même, le lien du pdf est sur mon ko-fi : https://ko-fi.com/s/e84aeebb9a

  • Hex & the Punks, de Côme Martin et Nimaël

    Pour se procurer le jeu : https://comemartin.itch.io/hex-and-the-punks

    J’ai trouvé Hex & the Punks à Aaapoum Bapoum à Paris. L’esthétique m’a accroché, une heure après on lançait le jeu avec l’ami Arthur, voici notre retour.

    Je commence par les tout petits défauts que j’ai noté dans un coin de ma tête. D’abord, je pensais que le jeu proposait de jouer seulement des groupes de musique, or Hex est plus large, on peut créer un groupe de meuf witchy dans plein de situations. C’est pas vraiment un défaut, c’est juste que la couverture m’a crée une autre attente. (en plus, c’est écrit en 4ème de couv’)

    Il y a aussi le fait que le zine n’est pas massicoté et ça : aïe aïe aïe attention il faut massicoter, ça rend la manipulation dix fois plus agréable. C’est peut-être volontaire pour aller à fond dans l’esprit fanzine punk.

    Dans le système, il aurait peut-être fallu un petit truc en plus au « Punk » pour rendre cool les sorcières très « Punk ».

    Pour pinailler encore, j’ai remarqué qu’en quatrième de couv’ il est marqué « 3 à 5 joueuses » mais qu’en page 1 il est marqué « 2 à 5 joueuses »… aïe aïe aïe attention… (je suis insupportable je fais un peu exprès j’avoue)

    Voila pour les défauts, place à l’éloge.

    La découverte de ce jeu a vraiment été super, on a passé un moment fun, drôle et jouissif. La partie n’était pas dénuée de gravité, avec des moments assez épiques. La liberté accordée à la narration est très agréable, on a pu aller à fond dans nos délires. Le système est précis et juste assez profond pour s’amuser. On s’est donc approprier directement le jeu.

    Les propositions de péripéties et de décors ont été si pertinentes qu’elles nous ont fait jubiler. Elles ont fait échos à tant de choses. On a pu insuffler notre amour de la musique et des concerts.

    L’hommage graphique aux fanzines punks est impressionnant. La mise en page, les illustrations, la typographie rendent le jeu dynamique. Cela nous a implicitement encouragé à faire une histoire très « GRRR » et très « VRAOUM ». L’énergie est palpable.

    Bref, procurez-vous ce jeu et brûlez le patriarcat dans un pentacle de feu.

    La bande-son de notre groupe :

    Rapport de partie :

    Temps de jeu : 1h30 tout compris.

    Joueuses : 2

    Les sorcières :

    • Scotty, bassiste des Candle Cunts, une gothique, aux cheveux lisses et rouge, avec un manteau long en cuir à la Matrix. Elle a autant de thune que de connaissance sur la musique : aucune. La « Hex » du groupe.
    • Minerva Fuckoff, batteuse et chanteuse des Candle Cunts, porte une jupe écossaise, des boots jusqu’aux genoux, une veste en tricot, des piercings au nez avec une chaîne jusqu’à l’oreille. Elle fait une moue sceptique dès qu’un mascu approche. Elle est pas du genre à être femme au foyer mais adore faire de la pâtisserie (elle est fan de Cédric Grolet). La « Punk » du groupe.

    L’histoire en quelques mots :

    • Pendant la répétition, Scotty met en place son jeu de scène : rendre le concert sombre, éclairé par des bougies, faire disparaître fils et ampli, rendre apathiques les connards de la fosse.
    • Premier concert, une baston éclate à cause rival (les Black Cunts). Minerva slam et envoie des beignes. On rencontre « Léo », qui devient notre ingé-son. (clin d’oeil clin d’oeil)
    • En route pour un festival, on tombe sur une bande de skinhead, qu’on tabasse et qu’on castre, les pauvres.
    • Au festival, notre concert devient vraiment occulte, les ondes repoussent une tempête et fait s’évanouir les droitards.
    • On arrive au studio d’enregistrement au fin fond de la Bretagne, mais « Léo » vole les bandes de notre album. On le retrouve et on l’attache au centre de nos concerts.
    • Les descensions entre les deux membres du groupe deviennent ingérables : Scotty veut de la thune pour être à l’abri, quitte à signer n’importe quoi chez un gros label. Minerva veut rester à tout pris dans l’esprit « à l’arrache », authentique musicalement.
    • Minerva résonne juste à temps Scotty qui dessine un pentagramme sur le chèque du producteur. La Major disparait sinistrement et laisse un terrain-vague. Cet endroit deviendra le lieu des Candle Cunts : refuge militant, salle de concert, librairie, etc.
  • Annihilation, de Jeff Vandermeer

    J’ai appris l’existence de Jeff Vandermeer grâce à une émission de Mauvais Genre sur France Culture. Son interview m’a intrigué, et son rapport au vivant m’a attiré.

    À peine le temps de noter la référence dans mon carnet que le premier tome de la trilogie du Rampart Sud était dans mon sac, après une visite à « La Dimension Fantastique », Paris 10ème. Dans ma soif de lecture, je n’avais pas vu que mon livre était dédicacé par l’auteur avant que le libraire ne me le dise.

    Ce livre est donc chéri comme la prunelle de mes yeux.

    Sur la lecture et la structure

    Le livre est court, mais se lit lentement. Chaque phrase est mesurée, simulant l’urgence, la gravité et « l’enquête » de la narratrice. On lit son journal, ses réflexions et ses mémoires, à la première personne.

    La construction narrative du livre est précise et méticuleuse, alternant de manière organique le récit et les analepses. Cette structure est quasi monolithique : tout est à sa place, ce qui renvoie à l’histoire, où la destinée, le temps et les êtres vivants sont, eux aussi, à leur place.

    Ainsi, la lecture s’avère à la fois satisfaisante et exigeante, reflet d’un récit aux codes bien connus (le récit horrifique et fantastique) mais où tout est remis en question.

    Sur le fantastique lovecraftien

    La lecture d’Annihilation m’a rappelé Lovecraft. Soyons clairs : beaucoup de mes lectures peuvent rappeler Lovecraft, mais ici un peu plus que d’habitude.

    Dans Annihilation, on lit un journal à la première personne. Une scientifique se balade, erre et décrit l’environnement.

    Pour le lien avec Lovecraft, c’est le rapport au littoral, avec la présence menaçante venant de la mer et de son bord. Comment ne pas penser à Dunwich ? Et puis la nature indicible de la menace, l’altérité parfaite et cosmique.

    Tout comme chez Lovecraft, nommer la menace la fait exister, la rend tangible et lui permet de nous atteindre, il faut donc l’ignorer et s’immerger dans l’environnement.

    Il y a enfin cette constante interrogation sur ce que la narratrice observe et retranscrit, rien n’est fiable, le doute est partout.

    Sur l’exploration

    Parmi les thèmes de ce livre, les moments d’explorations m’ont beaucoup plu, et cela m’a fait penser aux explorations de donjons qu’on peut faire en jeu de rôle (comme dans Dungeon Crawl Classics, connaissez-vous?).

    L’exploration du lieu se mèle à l’exploration intérieur des personnages. Il y a un jeu sur la perte de repère très réussie, La Maison des Feuilles a du être lue.

    Citations

    « Mon unique don ou talent […] était que les endroits pouvaient deteindre sur moi et que je n’avais aucun mal à en devenir une composante. » (page 134)

    « C’est ainsi que la folie du monde essaie de vous coloniser : de l’extérieur, en vous forçant à vivre dans sa réalité. » (page 133)

    « Il existait des milliers d’espaces « morts » comme le terrain qua j’avais observé, des milliers de milieux de transition que personne ne voyait, rendus invisibles parce que « ne servant à rien ». Ils pouvaient être habités par n’importe quoi sans que personne ne s’en rende compte tout de suite. Nous en étions venus à considérer la frontière comme par un mur monolithique invisible. » (page 189)

    Fin ?

    Quelle lecture enthousiasmante. Autant par la polysémie des mots que par le lien au vivant.

    Je recherche un endroit sur internet qui regroupe les hypothèses sur l’histoire. Je n’ai pas encore trouvé.

    Peut-être irai-je voir l’adaptation en film, lire la suite de la trilogie… Affaire à suivre…

  • Pourquoi sourit-on en photographie ? d’André Gunthert

    La forme soignée de ce petit livre m’a tout de suite attiré. Les éditions deux-cent-cinq le précisent à la dernière page : imprimé, typographié, conçu graphiquement en France. Et ça, c’est beau. Tout cela me donne envie d’explorer cette maison d’édition. Leur site est une mine d’or : https://www.editions205.fr/

    J’ai trouvé ce livre à la librairie sans titre à Paris, totalement par hasard. C’était l’errance d’un vendredi soir, avant une rencontre de Laura Vasquez à la librairie Les Mots à la Bouche. J’ai bouffé ce bouquin en un trajet de RER. Du génie dans les idées et les exemples. Du style trop ampoulé. Passionnant. Besoin de le relire et d’en faire une fiche de lecture.

    Anciennes hypothèses

    On a longtemps pensé que s’il les gens ne souriaient pas sur les photographies, c’était parce que : le temps de pose était trop long, l’hygiène dentaire laissait à désirer, les gens n’étaient pas encore influencés par la pub. Tout cela est faux, il y a énormément de contre-exemples.

    Problématique

    La question n’est pas « sourire ou pas sourire sur les photographies ». La vraie question est : comment la norme expressive change-t-elle ?

    1. Conditions de l’apparition du sourire

    Sourire sur une image dépend du contexte et du régime de production de l’image. En d’autres termes : pourquoi et à destination de qui est produite l’image ?

    Ainsi, on ne sourit pas quand on fait un portrait « de condition » destiné à l’espace publique, à montrer un récit de soi. On sourit plus dans l’espace privé, quand l’image est destinée à l’intime.

    L’expression des émotions, et donc du sourire, est régie par les mœurs et les classes sociales. Les bourgeois sont « tenus » à maîtriser leurs émotions et méprisent ceux qui les expriment.

    L’évolution de la technologie est un facteur de l’évolution des pratiques. D’un côté, la technologie ne modifie pas la tradition. De l’autre, elle permet de changer le rapport des gens à la photographie. On peut se photographier dans l’intimité, on est détendu, on sourit.

    2. La révolution de la narration expressive

    Début XXe siècle, les artistes comprennent l’intérêt esthétique de l’émotion dans le portrait, grâce au cinéma. En effet, le cinéma doit contourner le manque de son pour véhiculer de la narration par le mouvement, mais surtout par le visage des comédiens, l’accroche empathique du spectateur.

    Dans cette période, la photographie et le cinéma s’influencent réciproquement. Le cinéma montre à la photographie qu’on peut raconter par l’émotion du visage, et par la lumière.

    C’est si efficace que c’est un facteur du développement médiatique tout au long du XXe siècle qui voit le visage s’imposer et bouleverser les images jusqu’à modifier les traditions.

    3. Quand l’image change la société

    Maintenant que le sourire est rentré dans l’image, est-ce que ça influence la société ?

    Les sourires, comme tout signes, ont différents sens et valeurs selon les cultures. Tout les humains peuvent sourire, mais pas pour les mêmes raisons.

    Les sourires, comme toutes les expressions, sont aussi utilisés entre deux ou plusieurs personnes, ce qui modifie continuellement leurs sens et les discours associés.

    4. Un signe photographique

    Le sourire est devenu une convention, partie intégrante de l’ethos du photographié. C’est la plupart du temps un signe vide de sens induit par la pose photographique.

    Le sourire est appelé pendant la pose photographique par une injonction verbale : say cheese. Ce sourire forcé est facile à reproduire. Le sujet redevient acteur.

    Le sourire peut, en fonction du contexte, reproduire la satisfaction, la séduction, l’hospitalité, etc. C’est aussi le signe à tout faire.

    Les images ont ainsi modifié le sens de la mimique en société.

    5. Du sourire forcé au sourire animé

    Au cours du XXe siècle, le sourire lèvres fermées devient un sourire dents apparentes, surtout à cause des photographes professionnels entonnant : say cheese, voulant animer l’image.

    Le sourire à pleines dents permet à l’expression d’être plus lisible et rentrer en communication empathique. Elle relève d’un rituel commun pour paraitre beau en société.

  • .LOG – Une nouvelle lovecraftienne

    Avril 2025, écriture à fond

    Motivé par un concours d’écriture de l’Association Miskatonic, je me suis mis à tapoter mon clavier sur la douche, à tapoter ma tête sous le bureau.

    Il fallait faire le lien entre les jeux-vidéos et l’auteur fantastique au grand front. Ils ont appelé ça : « Pixels hallucinés, Lovecraft et les jeux-vidéos. »

    Ça a donné cette histoire de copines en école d’ingé. L’une écrit sur son ordi, l’autre est chelou. Je suis content de moi, pour une fois.

    Aout 2025, concours perdu

    J’ai perdu le concours d’écriture. (Je m’y attendais)

    Alors je la laisse à disposition sur ce blog.

    Bonne lecture !

    La nouvelle

    https://ko-fi.com/s/0aae9e56d5

  • Atelier d’écriture de Laura Vasquez : 13/09/25

    Mon texte :

    Jamais je n’oublierai une phrase de Monsieur Carré, mon professeur d’histoire-géographie au collège : « Si j’avais su à votre âge que je deviendrai professeur, j’aurais bien ri. »

    Je suis devenu professeur de français. Je ne suis pas devenu professeur de français parce que je ne l’avais pas prévu, mais parce que c’était le choix le plus froid et déterminé que je pouvais prendre à un certain point de ma vie. Je ne suis pas devenu professeur de français parce que j’ai eu la vocation. La lumière ne m’a pas dit d’enseigner. Je n’ai pas joué à la maîtresse quand j’étais petit, ou alors je ne m’en souviens plus.

    Je jouais des rôles quand j’étais petit. Je ne jouais pas des rôles sociaux : la maîtresse, le pompier, l’astronaute, rien de tout ça, non. Je me prenais pour Néo dans Matrix. Je me prenais pour Spider-Man dans Spider-Man. Je n’en pouvais plus d’essayer l’impossible : déchiffrer les adultes en contre-plongée. Voulaient-ils jouer à ma place ? Je ne sais pas. Je ne veux pas savoir. Je n’ai pas garder de modèle de mon enfance.

    Nous tous, qui ne savions pas que nous allions devenir professeur, nous n’avons pas ri. Nous n’avons pas appris à devenir nous-même. Nous avons appris à jouer un rôle à côté de nos pompes pour ne pas dérailler du cadran. Jamais nous ne perdrons le fil de vue. La parole sera mesurée.

    Rien ne saura taire ce secret : nos professeurs ne voyaient pas le costume qu’ils portaient. Ils nous l’ont pourtant donné. Il ne faut pourtant pas accepter de cadeaux d’inconnus qui s’ignorent eux-mêmes. Quand il pleut sur la place de la République et que la statue glisse, rien ne doit empêcher de grimper. L’enseignant ne fera pas dévier les élèves. Il n’y aura jamais d’importance, mais face au monde, la farce sera toujours drôle.  

  • Zine : Fiche de personnage OSR, Voleur

    Été 2025, je joue toutes les semaines en club à Dungeon Crawl Classics.

    À l’occasion d’un scénario où la table n’est composée que de voleur, je décide de faire moi-même une fiche de personnage pour les pré-tirés.

    Cette fiche prend le format d’un mini zine, une feuille A4 pliée.

    ☕ Imprimez ce zine et pliez-le grâce au PDF ! ☕

    DCC - Fiche de personnage VOLEUR Zine
  • Zine : Carcassonne

    Zine : Carcassonne

    Été 2025. Je découvre la cité médiévale de Carcassonne. J’y croque les formes de la pierre. À l’encre de chine, je façonne une collection d’ombres et de traits.

    ☕ Imprimez ce zine et pliez-le grâce au PDF ! ☕

  • Retour de partie, Le bijoutier qui vendait de la poussière d’étoile, Dungeon Crawl Classics

    Trois semaines plus tard, j’ouvre enfin mon clavier pour écrire un petit retour sur « Le Bijoutier qui vendait de la poussière d’étoile ».

    Niché dans L’avènement du chaos, un recueil de scénarios rares, nous dit la quatrième de couverture, « le bijoutier » est une aventure de braquage.

    Mon accroche était la suivante : une bande doit cambrioler la boutique d’un bijoutier pour avoir leur place dans la Guilde des Voleurs de Lankhmar.

    Pour l’occasion, j’ai prévu des personnages pré-tirés, seulement des voleurs, sur une fiche de personnage originale, crée par mes soins. Je mettrai bientôt à disposition le fichier sur le blog.

    DCC - Fiche de personnage VOLEUR Zine

    Le One-Shot s’est déroulé au club de Blagnac. Parmi les cinq joueuses autour de la table, il y avait une habituée de DCC, et trois joueuses de D&D qui étaient venues avec un ami dont c’était la toute première partie de jeu de rôle.

    La partie a été un véritable bonheur, et ce grâce à plusieurs choses. Les joueuses pour commencer, qui se sont prêtées au jeu de la bande de voleur de manière si drolatique et prenante ! Et puis le donjon du scénario, la demeure du bijoutier, malléable au possible, assez simple, permettant une grande liberté, mais néanmoins mortel.

    On aurait très bien pu lancer une campagne urbaine de DCC tournant autour des accroches du scénario : les pnj, la divinité chaotique et ses artefacts, la guilde des voleurs, etc.

    Voilà, jetez-vous sur cette histoire dont on parle peu, j’en garderai un excellent souvenir.

  • Retour de partie, Navigateurs sur une mer sans étoile, Dungeon Crawl Classics

    Dernière partie de Dungeon Crawl Classics pour cette saga « one-shots de l’été » au club.

    Je termine avec ce classique de DCC : Navigateurs sur une mer sans étoile, un module que j’avais joué il y a deux ans, en distanciel, en deux sessions. J’ai voulu mener ma propre version de cette histoire avec de parfaits inconnus au club, mais je ne vais pas parler du module ici, sachez simplement qu’il est excellent et incontournable.

    En tant que meneur, cette partie a été un véritable calvaire. Dès les premières secondes de jeu, je me suis demandé si j’arrêtais la partie ou non, tellement j’ai été outré du comportement de certains. Après une rapide réflexion, j’ai préféré ne rien dire, avancer dans l’histoire, faire honneur aux deux joueuses sympa. Je savais que ça allait être ma dernière partie avant un moment, alors tant pis, j’allais prendre le fun et m’en aller.

    Cinq joueuses autour de la table, que des « vieux briscards » du jeu de rôle (sauf une, ma copine).

    Une liste non-exhaustive des comportements qui m’ont mis mal à l’aise :

    • Avant la partie, un vieux briscard ne nous aide pas à installer la table et ne se présente pas avant qu’on s’installe.
    • Le même vieux se lève à des moments aléatoires pendant la partie pour aller discuter avec un autre gars.
    • Trois des vieux regardent très régulièrement leur portable.
    • A cause de leur déconcentration, ils ne comprennent pas mes descriptions, je dois souvent répéter, ce qui ralentit la partie des deux joueuses qui sont dedans.
    • Les vieux ne veulent pas jouer « vieille école » : aller au devant du danger, chercher l’histoire. A la place, ils attendent que le MJ joue à leur place l’histoire.

    Voilà ce qui me vient.

    Cette partie me décourage de refaire des sessions one-shots de l’été au club l’année prochaine. L’ambiance autour de la table est trop aléatoire. Ces parties ont au moins le mérite de forger l’expérience.

    Affaire à suivre…

  • Retour de partie, PX Poker Night, Delta Green

    Le rendez-vous des one-shots de l’été continue avec un scénario classique pour Delta Green que j’ai pu mener vendredi dernier. Débriefing :

    Première incursion dans Delta Green pour moi, j’ai dû en amont de la partie faire un important travail de préparation. Au programme : synthèse des règles utiles pour ce scénario (je mets de côté notamment les attaches), lecture et traduction du scénario et des pré-tirés (PX Poker Night n’est disponible qu’en anglais), impression des aides de jeu (je me suis fait plus que ce qui est donné, par exemple, il n’y a pas d’images pour les PnJ), apprendre les règles du poker (of course qu’il faut y jouer!) …

    Même si je suis un habitué de l’Appel de Cthulhu, j’ai été si impressionné, si hypé, si envouté par Delta Green, qu’arrivé au club, j’étais très stressé. Cette ambiance était pour moi une première.

    La partie s’est déroulée sur 3h30 / 4h avec quatre joueuses.

    Côté joueuses, la partie a été une réussite, surtout pour celles qui s’investissaient dans le roleplay de leur personnage. Il y eut de l’angoisse et des rires (pour faire retomber la pression constante de l’histoire).

    Côté meneuse, je dois dire que le bilan set plus mitigé. Le travail et la pression étaient si forts pour un simple one-shot, que je n’ai pas profité de la partie. J’étais trop concentré, il fallait qu’il se passe toujours un truc (afin de maintenir la tension), que l’ambiance soit au rendez-vous, que les PnJ soient marquants. J’avais peur que les joueuses s’ennuient.

    Voila pour ce court retour de partie, affaire à suivre pour Delta Green, hâte d’en poursuivre la lecture…

  • Retour de partie, Le 13ème crâne, Dungeon Crawl Classics

    Le week-end dernier, j’ai retrouvé le club de jeu de rôle « Les Enfants de R’lyeh », à Blagnac, proche de Toulouse.

    Avec plaisir et délectation, j’ai mené une partie de Dungeon Crawl Classics, à mes humbles yeux le meilleur jeu Old School Renaissance (OSR) qui existe. Comme j’en ai l’habitude, en voici un modeste retour.

    J’ai choisis « Le 13ème crâne », module pour des personnages de niveau 4, qu’on a traversé en one-shot. La partie a duré 3h30, explication des règles comprise, avec cinq joueuses autour de la table.

    Trop simple ?

    Au début du module, les auteurs expliquent que, pendant les playtests de l’aventure, peu de tables ont réussi à ramener la princesse Magnussen en vie. De plus, presque toutes les tables ont essuyé des morts de personnages. « Normal avec DCC », me direz-vous. Effectivement.

    Cependant, pendant notre partie, non seulement le groupe a ramené la princesse en vie (avec un troisième oeil derrière le crâne mais je ne développe pas ici), mais en plus, aucun aventurier n’a péri ! Quelle déception ! Suis-je si gentil ou les aventuriers étaient-ils trop puissants ? Je ne saurais dire… J’ai pourtant suivi à la lettre le module, me suis comporté en Juge impartiale…

    Il est vrai que les joueuses ont particulièrement bien joué. Réagissant dès la scène d’intro à perturber le ptérodactyle et le bourreau, puis en ouvrant directement le treizième caveau, terrassant les démons à coups de hauts faits épiques. Le démon barbelé final a été la plus grande menace, car la difficulté était de le détourner du sacrifice de la princesse.

    Si c’était à refaire, je ferais apparaitre 1d4 démons tous les quarts d’heure de la fosse, et augmenterais la puissance de la dague du démon barbelé.

    Trop classique ?

    Ce module de DCC a encore une fois tenu ses promesses : une aventure à l’ancienne, profonde, terriblement efficace, fun et étonnante. Les joueuses et moi-même étions ravis.

    Néanmoins, c’est peut-être l’un des modules qui me restera peut-être le moins en tête. Ce que je retiendrai, c’est surtout « Le Livre des Plans », et la section en fin de livret sur Psylobius, le mage des crânes.

    (Nous avons joué l’aventure bonus du module « L’épée de l’équilibre » en guise de scénario final dans une campagne précédente).

    En bref, une aventure parfaite pour un one-shot le temps d’une soirée, si vous cherchez une histoire efficace !

  • Croquis d’une soirée d’anniversaire

    À l’occasion de l’anniversaire des copains Lou et Arthur, j’ai fait quelques croquis des gens présents à la soirée.

    J’ai voulu faire ça pour offrir un souvenir un peu original aux deux loulous. Mais soyons clairs, c’était surtout une façon de sympathiser avec de nouvelles personnes, et ça a marché ! L’excuse de ces modestes portraits m’a aidé à m’approcher de ces individus extraordinaires.

    Les dessins suivants sont donc issus de conversations rapides. Gribouillés rapidement, ces croquis essayent juste de capturer une attitude, ou une private joke. Ils n’ont pour seule ambition de garder une trace de cette soirée du 04 juillet 2025 au Hang’Art à Paris.

    Faits sur un petit carnet « passeport », et avec un stylo 0.3, les deux viennent de chez Muji ! Ça rentre bien dans la poche de derrière.