Je suis tombé sur ce texte par une interview d’Alain Damasio. Il le recommandait en disant qu’Artaud lui avait ouvert les yeux sur la peinture de Van Gogh. Étant moi-même un fanatchique de ce peintre, j’ai lu ce texte avec grande curiosité.
Dans ce livre, Artaud développe la thèse selon laquelle Van Gogh ne serait pas mort par sa propre « folie », mais par les assauts traumatiques, harceleurs, violents de la Société elle-même, bien consciente de malmener la santé mentale vacillante d’un génie. Artaud donne en ce sens des arguments que je ne dévoilerai pas ici.
Cette thèse est, je trouve, assez pertinente et permet au poète de lier cela au regard et à la peinture de Van Gogh. Et c’est très beau, on en redemanderait.
Cependant, on sent très vite la limite des idées d’Artaud, dont la verve tarée et véhémente au début du livre est trop passionnée. Mais bon, c’est Artaud en même temps, on n’en attend pas moins du bonhomme.
En tout cas, ma lecture fut globalement bonne, je m’en resservirai, j’y reviendrai. La pensée d’Artaud est beaucoup plus juste que la plupart des analyses du peintre. Il a tout compris.
C’est violent, thrash, drôle, inventif, beau au visionnage, que demande le peuple ?
Parodie à tous les étages du film de super-héros, avec un traitement profond de tous les personnages, qu’on apprend à connaître au fur et à mesure de l’histoire. Ces dingues sont justes des humains traumatisés par la vie.
J’adore le faux démarrage du film avec une équipe qui se fait déglinguer. Le ton est donné : les « super » sont des dingues utilisés comme chair à canon pour servir l’état.
Quand j’étais adolescent j’aurais rêvé voir un film comme ça.
J’essaierai la série Peacemaker pour voir si ça vaut le coup.
L’errance du regard, du corps et de l’esprit. Le temps qui nous brise peu à peu. Voilà ce que montre Vortex, un film aux allures de memento mori.
Un samedi, de bon matin, quelle idée de regarder Vortex de Gaspar Noé. C’est beau mais foutrement déprimant. Évidemment, ça a remué plein de choses personnelles. Qui aurait pu croire qu’un gars comme Gaspar Noé puisse parler de la vieillesse comme ça ? Je n’avais jamais vu quelque chose d’aussi juste et vrai sur le sujet. Le visionnage est très difficile, mais une œuvre comme ça devait exister.
Film vu totalement par hasard sur une plateforme de vod, une belle surprise. C’est une belle romance, aux thématiques profondes sur les émotions, la chair, le toucher, les relations interpersonnelles, avec une touche de fantastique onirique.
Étrangement, Corps et âme m’a fait avoir une crise d’angoisse. Ça m’arrive très rarement, jamais face à des films d’horreur, et là, vers la fin du film, avec une forte implication émotionnelle des personnages et de la beauté du film, une image de tranchement de veine, de suicide dans sa baignoire, m’a fait vrier.
Excellent polar, c’est exactement ce dont j’avais besoin. Une très bonne enquête, qui amène son pesant d’originalité à la fin. À voir si on aime les films noirs.
La première fois que je suis allé au théâtre Sorano à Toulouse, c’était l’année dernière. J’étais allé voir une mise en scène de Phèdre et j’en étais sorti bouleversé. Un an après, on nous offre des places pour un spectacle inconnu au bataillon, que personne ne semble pouvoir me résumer. D’un côté on me parle d’écologie, de l’autre de poésie. Il n’en est rien, personne ne semble savoir ce que c’est et pour cause : c’est raté.
Commençons par décrire ce qu’on a vu : une pièce aux frontières de la performance d’art contemporain, de la poésie et de l’absurde. On suit pendant 1h20 quatre comédiens, qui jouent extrêmement bien d’ailleurs. Ils vont exécuter des « tableaux poétiques » sans liens apparent entre eux, sans aucune trame narrative.
Ce spectacle est décevant, c’est vraiment le mot. Je suis déçu qu’on ait voulu enlever le sens. Oui, ce qu’on voit et ce qu’on entend peut être interprété, mais lorsque nous interprétons, nous devrions pouvoir faire des liens avec d’autres éléments. Spoil : c’est la recette d’une oeuvre d’art à l’esthétique réussie. Là, c’est raté. De manière objective, c’est un spectacle fait pour contenter le public du théâtre contemporain, fait pour qu’ils décortiquent artificiellement ce qu’ils ont vu. Faisons semblant de trouver ça intéressant. De quoi vous enlever l’envie d’aller au théâtre.
Quelle incroyable bouffée de fraîcheur ce film ! Je suis triste de l’avoir loupé au cinéma. Là, comme ça, on l’a vu une fin de semaine éprouvante, et ça a fait du bien.
C’est pour moi, un des meilleurs films français que j’ai vu. Une très belle histoire de famille, avec une science de la comédie, du tempo de la tendresse. La toile de l’autobiographie et de l’autofiction est très cohérente, très juste.
La dernière scène du film m’a vraiment marqué. Sans le dévoiler, il montre très bien l’écriture comme une destinée. Youssef est condamné à être écrivain. A l’image de cette ultime scène, l’entièreté du film déploie son discours sobrement, clairement et aussi bien dans les moments drôles que dans les moments tristes. On sent que le film s’est fait avec joie, les personnages sont respectés par le scénario, la mise en scène et les acteurs. Tous m’ont touché, tant ils sont profonds et cohérents, tout simplement.
Deuxième séance d’une sorte de campagne dans les contrées du terrible Strahd.
On avait commencé à jouer à Ravenloft en faisant le scénario « Le Manoir des Lamentations« , et je voulais faire en sorte que cette nouvelle séance soit aussi un scénario tout en un, sur 2-3 heures. J’ai en tête de faire une campagne sans pression. Si on continue, très bien, si on en marre, tant pis.
Cette deuxième séance a pris les joueuses dans les Brumes, ils sont arrivés en Barovie et ont découvert le village. Je suis si heureux de découvrir le livre La Malédiction de Strahd.
Je fais ma sauce avec le matériel et je crée un « Prologue » dans les yeux du vampire sadique et romantique et ça a bien marché ! Je l’ai décrit s’envolant de son château pour aller boire la jeune Ireena… Désormais, toutes nos séances débuterons par ce prologue, c’est parfait pour développer Strahd.
Au final, on a joué 2h30, le temps parfait ! Les joueuses partent pour la ville de Vallaki en compagnie d’Ireena, mais bien des choses vont se passer sur le chemin…
Après avoir lu le tome 2 il y a quelque temps, je me suis attaqué au premier, m’attendant à être tout autant déçu des récits du « maître de l’horreur ».
Comparé au tome 2, plus de nouvelles m’ont plu, notamment l’histoire des trous et surtout l’histoire des pantins, que j’ai trouvé très pertinente. A part ça, je trouve toujours que ces récits sont anecdotiques et déjà vu (cf la nouvelle sur Tomie qui donne l’impression de réchauffé éditorial).
Avant de se faire ce nouveau volume des aventures familiales et cosmiques de nos picaro des étoiles, j’ai revisionné les deux précédents opus avec ma copine. Cette dernière les découvrait et elle a bien aimé ce gros divertissement non sans profondeur et radicalité.
Le lundi soir on regardait le volume 1, le mardi soir le 2 et le mercredi le 3 le cul enfoncé dans le siège du vaisseau spatial qu’on appelle « cinéma », enivrés par les effluves de bières et de pisse des gens.
Pour résumé mon rapport aux deux premiers, disons que ce sont les seuls films Marvel que je puisse redécouvrir. J’aime ce que fait James Gunn dans Les Gardiens, et je me sens proche de cet hommage aux comics et au PULP. Je ressens un vrai amour des personnages, de l’humour omniprésent et jamais lourd, une esthétique space-opera incroyable et vraiment assumée.
Le troisième opus
De manière générale, j’ai vraiment trouvé le film incroyable. Je ne m’attendais pas à un film si sombre, en tout cas plus sombre que les autres, dans l’image, dans les thématiques, et dans les musiques. Encore une fois, on est face au dessus du panier des films Marvel, avec une fresque profonde et épique space-opera qui assume son sérieux et son extravagance.
Des images sont réellement marquantes et me resteront longtemps. La main qui attrape le Rocket, etc.
Le film oscille entre les tonalités. On a le pathétique de l’histoire, de ce que vivent les personnages, et leur capacité à rire du monde, de leur condition. Ce mélange crée une grande profondeur aux personnages. Ils fonctionnent.
Bon et il y a une dimension épique dans la droite lignée des deux autres films. Les ralentis, l’icônisation des personnages dans des plans cools, mais c’est surtout la puissance de la violence qui m’a frappé.
Les messages sont beaux et tenus du début à la fin. Ce n’est pas pour rien qu’on insiste sur « l’analogie », la « métaphore », le film ne perd aucune occasion d’être intelligent, de dire des choses, donc bravo. En plus, on a la continuation des thématiques (la création, le sens de la vie, la famille, l’empathie).
James Gunn utilise ce qu’on attendais de lui pour servir son dernier doigt d’honneur à Marvel. (Kang, la nouvelle équipe) Ma copine n’avait pas vu les films Avengers et les Marvel en général qui sont sortis depuis le Gardiens de la Galaxie 2. Du coup, on manquait d’une petite référence, mais James Gunn fait en sorte qu’on ne soit pas trop perdu, il s’en fout, et c’est cool. On continuera à danser pour l’amour du fun et des belles valeurs.
Film vu et découvert dans le cadre d’une séquence que je faisais sur Bérénice. Les parallèles entre les deux oeuvres sont diverses et intéressantes. L’amour institutionnel, politique se heurte au sentiment de liberté de l’amour véritable, émancipateur.
En somme, un bon petit film d’amour tragique, sur fond de culture tunisienne, mais qui souffre d’une structure et d’une fin ô combien conventionnelle. Je suis aussi déçu qu’on ne développe la vie de dessinateur du personnage principal…
La lecture de cette compilation d’histoires d’horreur de Junji Ito a été longue et difficile. Pour faire court, j’ai trouve l’ensemble peu convainquant et assez redondant. Une seule histoire m’a vraiment plu: « La Chuchoteuse », où la montée horrifique jusqu’à la chute était bien menée, simple et efficace.
Suite et fin de ma lecture de tous les tomes des Liens du Sang qui sont parus. Le tome 11 avait peut-être une phase « onirique » un peu longue. C’est typiquement le genre de moment dans une série comme ça où on se demande si l’auteur ne rallonge pas la sauce artificiellement.
Par contre ce tome 12 est vraiment incroyable, on voit enfin où l’auteur veut nous emmener, parce que je me demandais comment il comptait renouveler l’histoire. Encore une fois, c’est dingue la descente aux enfers qu’on vit. L’enfermement se fait sentir à des niveaux encore plus horribles…
Oh surprise ! Ce n’est pas un nanar ! Mieux, c’est un vrai film d’heroïc fantasy. L’action et l’humour fonctionnent pour en faire un bon divertissement.
Malheureusement, comme tous les films de cet ordre que je regarde, celui-ci a pas mal de moments qui m’ont ennuyé au possible. Des ventres mous dont je n’avais qu’une hâte : qu’on passe à autre chose. Dommage qu’on alterne bonnes idées et écueils de films d’action.
Malgré ça, je suis content que ce ne soit pas qu’une vitrine publicitaire et qu’ils aient pris le temps de faire un film qui se tient.
Mad God est le chef-d’œuvre de son créateur Phil Tippett, un illustre technicien du cinéma. Trente ans de maturation pour un film d’animation horrifique, où l’on plonge dans les entrailles d’un cauchemar.
J’avais visionné le film il y a plus d’un an, lorsqu’il était apparu de manière tout à fait illégale, sous l’impulsion de mon ami Tacos. Ce premier visionnage avait été difficile, j’avais fait des pauses pour souffler. Outre l’aspect magnifique et jubilatoire du film, je trouvais en quelques mots que le propos n’était pas assez soutenu. Avec une réelle narration, même minime, le film aurait bien plus brillé de mille feux.
À l’occasion de sa sortie officielle en France, j’ai foncé avec les potes voir ce très grand film. Quelle chance, on n’allait pas rater ça. Pendant ce second visionnage, j’ai vraiment redécouvert le film. C’était les conditions idéales et c’est passé bien plus rapidement. On s’est pris en pleine figure ce festival de matière, de son et de lumière.
Parce qu’en fait oui c’est un film de matière, qui tire la noblesse créative du stopmotion et pas que, des effets visuels en tout genre. C’est un chef-d’oeuvre avant tout technique, où le processus de création a sans doute été plus intéressant que le produit final. C’est le film ultime pour comprendre la beauté du stopmotion qui réside dans l’aspect sensible des choses. Le fait de toucher, de sentir la matérialité d’un furoncle. Hum, quel plaisir.
À part ça, le plus intéressant du film sont ses symboliques qui se créent autour de ce monde d’abominations. Ce n’est pas une suite totalement aléatoire de scènes, comme on pourrait le penser. Non, il y a une sorte d’histoire mais qui nous plonge dans nos propres interprétations, et j’en viens à vous donner la mienne.
Pour moi, le titre Mad God désigne Phil Tippet lui-même qui, comme un « Dieu fou », comme le Créateur, va créer de manière totalement débridé, sans limites, en totale liberté. Cet acte de création l’amène à explorer les abysses de son crâne, de ses angoisses et de ses cauchemars. On s’enfonce, on s’enfonce, à l’image d’un explorateur de son propre subconscient.
Voilà pour faire court mes impressions sur ce film. En écrivant, ou pourrait en parler très longtemps, signe d’un grand film. Et pour vous, de quoi parle Mad God ?
Ce dont j’avais peur à mesure de mon avancée dans Les Liens du Sang, c’est que l’histoire face du déprimant pour du déprimant. Or il n’en est rien, le récit est toujours aussi fascinant et sait ce renouveler pour explorer toujours plus loin, toujours plus profondément. Ma lecture des tomes 6 à 10 s’est faite sur internet, « à la suite », en enchaînant, car ces tomes sont introuvables en bibliothèque.
La série sait vraiment se renouveler. Elle explore les techniques de manipulation des gens comme la mère. Ces gens reconfigurent le passé, sèment le trouble, la confusion dès qu’ils le peuvent. Surtout, on voit encore plus les effets sur les victimes, ici Sei qui, jusqu’à la soumission, répète les trauma et défend « bec et ongle » celle qui le manipule. C’est terrible de voir la descente aux enfers de Sei qui devient fou, violent à cause de sa mère.
Il y a toujours cette jouissance morbide de décryptage du dessin. Le lecteur est à l’affût de ce regard dissocié, des détails horribles comme l’ongle. Le dessin s’adapte à l’histoire. Il mime la cruauté de la mère, les sentiments de Sei. On sent ainsi le tourbillon de « brainwashing », les gribouillis quand la honte et la colère submerge. Le dessin a un vrai intérêt pour l’histoire et sa lecture.
Le manga développe vraiment toutes les facettes de son histoire et de ses personnages. C’est fascinant et horrifique car c’est cohérent. On a, peu à peu, les réponses à des traumatismes de Sei encore plus ancien et profond, dont les graines sont semées depuis le début et ça, c’est bien écrit.
On a aussi la reconstruction, et c’est très beau. Sei redécouvre la beauté du monde. On montre bien comment aussi les « adultes » ne communiquent pas avec les victimes, ils n’essaient pas de comprendre, au contraire ils imposent encore une fois leur vision du monde et de la famille.
En tant qu’adorateur du réalisateur, je ne pouvais louper ce dernier film. Mes impressions en sortant de la salle étaient vives et disparates, comme quand on sort d’une pièce de Beckett ou de la lecture d’un Breton. Ce film va diviser, c’est sûr.
Je vais essayer de regrouper mes idées sur ce film, très simplement, très humblement. Je dis ça car il est facile de s’éparpiller face à ces œuvres dont le but premier est de susciter l’interprétation des spectateurs, et c’est le cas de Beau is Afraid. Comme tous le monde va y aller de sa petite analyse personnelle (je le sens), je vais faire pareil et délivrer mes quelques suppositions.
Pour décrire ce film, je dirais que c’est un mélange de Quentin Dupieux et David Lynch d’un côté, pour le surréalisme de l’horreur, pour la tonalité comique, pour l’effet d’énigme subconsciente, et de Wes Anderson et Isaac (le jeu-vidéo) de l’autre, pour cette recherche formelle proche de la BD, pour cette recherche en soi, enfantine, pour la parabole biblique chelou.
Parce que oui, tout se mélange. On ne peut se déterminer sur la voie à prendre, on est perdu comme Beau. Le film est complètement imprévisible, multipliant les jeux avec nos attentes et les signes qu’on nous montre. Dans son entièreté, le film donne des indices bibliques et semble faire un parallèle entre le récit d’Isaac (le deuxième prénom de Beau) et l’Odyssée de Beau lui-même. Le film paraît aussi être un voyage subjectif dans l’esprit malade (?) et anxieux de Beau qui s’enfonce peu à peu dans ses traumatismes.
En tout cas c’est vraiment une expérience de pouvoir voir ce genre d’œuvre au cinéma. Je ne peux m’empêcher d’imaginer Ari Aster écrire ce film depuis des lustres avec une sorte de flux de conscience. Cette liberté est magnifique, parce qu’elle seule permet de s’approcher de l’expression si particulière, si étrange, si enfouie des sentiments présents dans Beau is Afraid.
« Février 1974. Parce qu’elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le MLAC – Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous. Accueillie par ce mouvement unique, fondé sur l’aide concrète aux femmes et le partage des savoirs, elle va trouver dans la bataille pour l’adoption de la loi sur l’avortement un nouveau sens à sa vie. »
Vraiment trop heureux d’avoir vu ce film, il m’a fait le plus grand bien. D’abord parce que le drame est très atténué, ce qui laisse place à la gentillesse, l’amour, la tendresse entre femmes. Ensuite parce que j’ai appris et vu des trucs intéressants qui ne sont jamais montré comme ça. Enfin parce que techniquement, c’est un film parfait, on croit en l’incarnation des personnages, l’image est magnifique, c’est beau dans tous les sens du terme.
En somme, un film d’utilité publique, dont la sororité est d’une beauté folle. Je retiendrai la réplique d’Annie qui résume tout : « La tendresse c’est politique. »
Un autre jour, un autre Carpenter. Comme tous ses films, on a envie, dès les premières images, d’en parler des heures, tant ce qu’on voit est beau et riche de sens. Sans développement, voici ci-après quelques impressions sur Christine.
Ce qui m’a vraiment amusé, c’est comment Carpenter joue encore une fois avec le regard. Il tisse le sentiment du fantasme masculin, par ces hommes qu’on voit gonfler du torse à côté de Christine. Cette dernière, par le simple fait de la filmer magnifiquement, devient un objet sexuel. Dans ces phares se trouvent toutes les pulsions masculines refoulées, toutes les frustrations. Grâce à ce bout de ferraille, on peut devenir l’homme toxique tant rêvé. Je suis toujours autant fasciné par Carpenter qui arrive à mettre en place une tonalité ironique au cœur d’un sujet qu’on croirait très léger.
La voiture communique ses émotions via son auto-radio, et on a un panel de rock ‘n roll, rockabilly, blues… Ça rappelle l’Amérique des 50’ dont la société s’est construite autour des voitures, c’est la confirmation que Christine est l’excroissance du rêve américain.
J’adore la dernière réplique du film : « Oh, je déteste le Rock’n Roll. »
Je continue ma descente dans les enfers d’une relation toxique et morbide entre une mère folle et son fils. Du drame fascinant.
T.3 : Dans le tome trois, on se rend compte que l’horrible comportement de la mère a un effet concret sur le mental et le corps de son fils : il bégaye. Ça n’a l’air de rien, mais l’horreur est si réaliste qu’on ressent sa détresse profonde. Il doit mentir sur son bégaiement. Le dessin le montre tendu, en souffrance, les yeux globuleux. Dans ce tome, on a les scènes de l’hôpital et de l’étranglement, pour ne pas trop en dire, qui nous amène à avoir d’autres questionnements sur la mère : Est-elle bipolaire au millième degrés ou psychopathe complète?
Dans le tome trois, on se rend compte que l’horrible comportement de la mère a un effet concret sur le mental et le corps de son fils : il bégaye. Ça n’a l’air de rien, mais l’horreur est si réaliste qu’on ressent sa détresse profonde. Il doit mentir sur son bégaiement. Le dessin le montre tendu, en souffrance, les yeux globuleux. Dans ce tome, on a les scènes de l’hôpital et de l’étranglement, pour ne pas trop en dire, qui nous amène à avoir d’autres questionnements sur la mère : Est-elle bipolaire au millième degrés ou psychopathe complète?
Le tome quatre est très mignon, puisqu’on nous parle de la relation de Sei avec une camarade. On a un éclat de libération, un sentiment de bonheur fou, et c’est porté par un dessin magnifique. Dans mes quelques lectures de manga, j’ai rarement vu un dessin qui porte autant la narration. L’auteur est en maîtrise parfait de son récit, de son rythme. On regarde chaque trait, chaque mouvement, et l’univers nous paraît tangible. L’auteur s’attarde sur les matières, la lumière et les sens pour qu’on s’immerge dans la vie de ce petit gars.
On se rend compte aussi que les problèmes familiaux ne sont pas rares, mais systématiques. En quelque sorte, tout le monde a ses problèmes et doit les gérer du mieux qu’il le peut. Ce manga a pour sujet le processus psychologique long et douloureux des adolescents qui vivent avec des traumatismes et des relations dysfonctionnelles. L’autre effet tragique, quand on lit Les Liens du Sang, c’est de voir que ces jeunes passent par les moments « normaux » de l’adolescence : les premiers émois, etc, mais que ces moments sont pervertis par le trauma. On sent la lutte intérieure des personnages pour s’en libérer, pour profiter pleinement de leur amour.
Encore une fois, j’ai hâte de voir comment l’intrigue va évoluer. Affaire à suivre…